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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 10:00


Pour tout savoir sur le film de Yann Samuell, Jeux d'enfants, dont les acteurs principaux sont Guillaume Canet et Marion Cotillard :

La fiche du film et les répliques cultes
Synopsis
Exportations
Quelques chiffres
Répliques cultes

L'analyse du film
Caractéristiques du film
Poésie, fantastique, visuel fort, effets spéciaux
L'enfance et de l'amour
Le temps
Les symboliques du film
"La" scène du film, les différents "Cap ou pas cap ?"

Les explications de certaines subtilités du film
Intérêt pour les mathématiques ou les devinettes
Jardin d'Eden,
"Tyran ou flanc ?"
Passion du jeu
Importance de chaque pari
Omniprésence de l'amour dans le film
Robes de Sophie
la BO
Explication de la fin du film


Le script : 1 - 2 - 3

 
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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 09:18
Script entier : (1) - (2) - (3)



Script de Jeux d'enfants

Partie 3

 

Quelle garce ! Quelle magnifique garce ! Dans le genre copine, on n’a pas fait mieux.

- Julien ?

Avouez, elle est pas superbe comme ça ?

- Julien tu m’entends ?

Toujours prête à crever écrabouillé sous un train.

- Ah ! C’était juste une blague ! Un pari de gamin ! Julien… ! Un mariage, c’est quoi au fond ? Des beaux costards, du champ… il suffit de mettre les petits fours au congélo, l’allier autour du foie gras, et c’est bon, hein ! J’ai déjà fait, vous mangerez la semaine prochaine ! Julien… ! Vous vous aimez, c’est l’essentiel, non ? Julien, tu m’entends ? Tu sais que j’peux être un vrai témoin une prochaine fois ! J’serai sérieuse, promis, juré ! J’vais pas cracher, c’est pas mon genre. C’est quoi ça ? Julien ? Julien, j’peux bouger ? Julien, dis moi stop, déconne pas !

- Va en enfer.

- D’accord. Tu m’y accompagnes. On se revoit pas pendant 10 ans. Cap.

 

* * * * *

 

- Ouais, ouais ! Sophie !

- Pas un mot Sergueï.

 

- Oh, cap.

- Quoi ?

- Rien. Au fait, c’en est où cette proposition, là ? De club de D1 ?

- Je sais pas, je les ai pas rappelés encore.

- Ok ! Eh ben tu sais quoi ? On va arrêter de recommencer à se voir

- Attends, si tu dois me jeter toutes les semaines, prends un abandonnement, ça va être plus simple.

- J’en ai marre des petites économies. Maintenant la balle est dans ton camp. En tout cas, moi j’fais pas ma vie avec un footbranleur. Tu crois que tu vas me garder avec ton appart minable, tes payes de galériens et tes matchs intercommunaux tous les dimanches ?

- Attends, de l’argent, j’vais en gagner !

- Non, non, t’as pas compris. J’veux pas que tu gagnes de l’argent, je veux le jackpot, le méga bingo, la super cagnotte du vendredi 13. J’vaux bien ça, non ?

 

* * * * *

 

Et là, ça était le pire. Plus rien, plus rien pendant 10 ans, plus rien pendant 3652 jours et 3653 nuits. Fini le jeu, les jeux, le piment de mon existence. J'ai erré dans ma vie comme quand on erre dans une tragédie de Racine. Hermione version mec. Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ? Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ? Ah ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais. Sophie m'a assassiné. Trucidé. Egorgé. Baisé. Enculé. Et tant d'autres rimes tarées. Et puis j'ai fini par y penser à l'imparfait. Me résoudre au bonheur fade de ma naissance. L'amour, la famille, le boulot, l'antenne parabolique. Du Racine j'vous dis.

 

* * * * *

 

- La poubelle ! Julien ! Les ordures ! Julien, un bisou ! Allez, Julien, les enfants !

- Allez, clic clac, clic clac, patati patata. Voilà.

- C’est pour quand le cadeau ?

- Chut ! Faut rien dire ! C’est pour l’anniversaire de mariage. Vous savez tenir un secret ? Bah, un secret de dinosaure ? Bah, un secret d’espion ? Bah un secret…

- D’ectoplasme.

- Ouais, un secret d’ectoplasme. D’accord ? Bah tiens ! Tu vas cacher ça, c’est pour Maman ! C’est pour ce soir, je l’offrirai ce soir, c’est une surprise, d’accord ?

- Maman, maman, regarde pas ce qu’on a caché pour toi !

- Je regarde pas, c’est promis !

 

* * * * *

 

Je vous présente ma vie vers 35 ans : j’avais tout. 1 femme, 2 enfants, 3 potes, 4 cartes de crédit, 5 semaines de vacances, 6 ans dans la même boîte, 7 fois mon poids en matériel Hi-Fi, 8 coïts conjugaux par trimestre, 9 fois le tour de la Terre en emballage plastique, couvercles de polystyrène et d’autres packaging alimentaires non dégradables, et 10 ans sans voir mon père. Le bonheur. La panoplie du parfait tyran dont j’avais rêvé toute mon enfance. C’était donc ça être adulte. Avoir un compteur qui affiche de 0 à 210 et ne jamais faire que du 60.

- Allo ? Allo ?

Environ 40 ratages du genre avec Papa. 96 mensonges à mon patron.

- Oui. Oui Dorsac. Oui, j’arrive. Non, non, j’arrive, j’arrive. J’arrive pour 10h à tout cassé. 10 minutes j’te dis. Non, non, commence la réunion sans moi. Tu sais ce que c’est les embouteillages du lundi matin. Hein ? Allez, à toute.

97 maintenant.

- Allo Sophie ? Cap ?

123 cauchemars où j’étais enfin devenu un tyran.

- Hein ? Si, si, j’écoute. Oui. Oui j’arrive. Ok.

La ville avait changé. La mort aussi. 489 heures à glander au cimetière dans l’espoir qu’elle vienne encore me chanter la vie en rose. Ben faut croire que j’ai pas besoin d’elle. Dire que Maman savait voler grâce au jeu. J’étais plutôt loin du compte.

 

* * * * *

 

- Excuse moi. J’suis désolé d’être en retard.

- Où sont tes plans ?

- Oui j’arrive, attends. 2 secondes.

- Attends, viens : ils sont là. Là, là.

- Bonjour ! Désolé pour le retard. Excusez moi. Bon, je vais vous présenter les plans. Donc une étude faites sur 10 ans…

- 6 mois ! Tu divises par 20, t’es dans le bon !

- Ah ouais, qu’est-ce que j’ai dit ?

- T’as dit 10 ans !

- Ouais, pardon. C’est une étude faite sur 10 mois. Enfin, 6 mois j’veux dire. Donc, l’idée… Merde !

J’étais tranquille. Ca faisait 10 ans jour pour jour que je n’avais plus eu de nouvelles de Sophie. Le pari se finissait aujourd’hui avec la précision et le stress d’un métronome. Et pas de nouvelles. Pas un signe d’elle. A l’évidence, elle m’avait oublié. Moi, pas. Comment l’oublier ? Alors que je voyais son mari tous les jours ! Il était devenu le héros de la nation, adulé par les hommes, fantasmé par leur femme. Sexy Sergueï comme l’avait élu 3 magazines féminins, et sacré meilleur buteur de l’année. J’ai jamais autant détesté le foot.

 

* * * * *

 

- Alors ?

- Alors, euh… Ecoute, je, je… je sais pas là. Parce que… C’est la version définitive ça ? C’est… Je sais pas. T’aimes bien toi ?

- Ouais.

Quant à l’avis (ou la vie) de Sophie, je pouvais facilement l’imaginer.

- C’est vraiment pas ça…

- C’est naze.

C’était naze.

- C’est ça, c’est naze.

- C’est vrai, ce spot est naze.

- Bon, Sophie, c’est une réunion de travail. J’ai eu un mal de chien à négocier ce contrat. Alors, naze ! C’est peut-être un peu beaucoup ! Est-ce que tu sais qui est-ce qui a réalisé ce spot ?

- Steph et Daniel. Mais même si ça avait été co-signé par Daphie Dog, Gandhi et le Pape, ce serait naze quand même.

- Bon, c’est pas un jeu Sophie ! Sergueï !

- Hein ? Euh, je… j’ai le droit de refuser ça, non ?

- Non ?

- Vas y. Alors ? Qu’est-ce que je décide ?

- Bah, tu décides que ce spot est naze.

- Attends, ‘tends, ‘tends. Parce que... il y a un truc qui me brûle le dos. Qu’est-ce que ça fout là, ça, ton nanour ?

- Un nanour, ça apprécie pas d’en faire.

- Dites moi, monsieur Sergueï Nimov Nemovitch, avez-vous dit bonjour à votre femme récemment ?

- Euh, non, pas depuis hier. Mais vous ? Madame Nimov Nemovitch, vous avez dit « je t’aime » à votre mari, récemment ?

- Non, pas depuis 100 ans. J’t’ai jamais dit « ornithorynque » non plus, et je pense qu’il faut réparer cet oubli. Ornithorynque.

- Ornithorynque.

Le doute n’était plus permis. Elle m’avait oublié.

- Tu vas vraiment sortir ce soir ?

 

* * * * *

 

- Je hais le foot.

- Et Poutou, t’es cap de faire ça, et ça, et ça, et ça, et ça, et ça, et ça, et ça, et ça, et ça, et ça, et ça ?

- Dis moi, t’es cap de faire pleurer une fille le jour de son mariage ? Hein ? T’es cap de rire quand t’es malheureux, de te taire pendant 10 ans ? Hein ? Dis moi, t’es cap ?

- J’ai rappelé Georges et Margarette, ils nous rappellent pour cette histoire d’assurance. Non mais t’imagines ! Moi, j’ai juste fait ça pour leur rendre service. C’est vrai, j’dirige l’agence. Mais c’est pas pour autant qu’il y a marqué « Armée du salut » là. Eh oh ! Eh toi, tu m’écoutes déjà plus ?

- Hein ? Non. Enfin, pas plus que depuis 10 ans. Donc…

- Oh, donc non, hein ! Tu sais qu’il existe une vie après le bureau ? T’as des gros soucis avec Dorsac, c’est ça ? Mais regarde moi ! T’es gonflé quand même ! C’est Dorsac que t’aurais dû épousé. Regarde ce qui est arrivé ici, et qui est-ce qui t’a expédié ceci par courrier, s’il te plaît.

- Bah des échantillons. Pourquoi ici, et pas au bureau ?

J’avais passé 10 ans en apnée. Je me sentais comme un chien qui a pissé sur la moquette et qui attend que son maître se rende compte pour recevoir sa raclée. Et un certain lundi soir, la raclée est tombée. Ca m’a fait un bien fou.

- Y a Julien, les enfants.

- Ca me fait plaisir de vous voir.

- Pour nos 10 ans de mariage, c’est trop… !

- Les enfants sont là ?

- Oui, tout le monde est là. Regarde qui est là ! Viens voir !

- Sophie ?

- Salut Julien !

- Salut Clo ! J’suis ravi ! Je reviens, hein ! Un instant.

 

 

- Mais quel courrier ? Un e-mail ! Et pourquoi tu l’envoies pas d’ici ? Attends, en plus y a Clo qui est là, mais… Julien, j’te demande de rester. Non, j’te demande de rester !

 

* * * * *

 

- Sophie ? Sophie ! Ca va ?

- Allo, police ? C’est Madame Nimov Nemovitch. Venez vite, le maniaque est revenu ! Au secours, il a… J’ai chronométré une fois, il leur faut qu’une minute. Oh non, oh non, pas ça ! J’le tiens de ma grand-mère ! Oh, s’il te plaît ! C’est long 10 ans !

Sacrée Sophie, le jeu avait repris sur les chapeaux de roue. Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied ! C'était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l'héro, mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pét', ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy. Mieux que le sexe, mieux que la fellation, soixante-neuf, partouze, masturbation, tantrisme, kama-sutra, brouette thaïlandaise. Mieux que le Nutella au beurre de cacahuète et le milk-shake banane. Mieux que toutes les trilogies de George Lucas, l'intégrale des muppets-show, la fin de 2001. Mieux que le déhanché d'Emma Peel, Marilyn, la schtroumpfette, Lara Croft, Naomi Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford. Mieux que la face B d'Abbey Road, les CD d'Hendrix, le nouveau p'tit pas de Neil Armstrong sur la lune. Le space-mountain, la ronde du Père-Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du dalaï-lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de testostérone de Schwarzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson. Mieux que Woodstock et les rave-party les plus orgasmiques. Mieux que la défonce de Sade, Rimbaud, Morisson et Castaneda. Mieux que la liberté. Mieux que la vie…

 

* * * * *

 

- Allo ?

- Oui ?

- Ici l’hôpital Saint Antoine. Je voudrais parler à Madame Janvier.

- C’est… c’est moi.

- Votre mari a eu un accident de voiture.

 

* * * * *

 

- Si tu veux pas comprendre, fous moi la paix. J’te l’ai dit, c’est mon plus vieux copain. On se connaît depuis la primaire.

- Vieux copain. Mais tu me l’as jamais présenté.

- Tu m’as jamais présenté ton équipe au complet, pourtant tu la vois tous les jours ?

- ‘Tends, ‘tends, ‘tends, tu le vois tous les jours lui ? Sophie, c’est qui ce type ? Si il est ce que je crois, je le tue.

- Ben tu vois, il a plus besoin de toi pour ça.

 

- Ca va aller Madame Janvier ?

Pour être tout à fait honnête, ce coup là, j’étais carrément en colère contre Sophie. J’m’étais promis que quand je serai sur pied, j’en ferai baver des ronds de chapeaux. Puis, vous savez, avec le temps, on pardonne. On finit même par en rire. Après tout, ce n’est qu’un jeu.

- Venez.

- Sophie !

- Julien, t’étais où là ? On te cherchait partout.

- J’ai cherché les toilettes.

- Ca va ?

- Ouais, ouais.

 

* * * * *

 

- Une soirée aux urgences. C’est ça que tu me réservais pour nos 10 ans de mariage ?

- J’vous fais mal ?

- Non, ça va, ça c’est rien.

- Mais… mais qu’est-ce que vous lui avez donné là ?

- Chérie, j’suis désolé pour tout à l’heure. Je sais pas ce qui m’a… Bon, ça va là, tout va bien, hein ? J’suis là. Tu sais, moi, le cambriolage, tout ça, moi j’m’en fous. C’est pour toi que j’suis désolé. Alalala… Putain de journée de merde, hein.

- Préparez moi de la tarax. Ce sont des choses qui arrivent… Vous inquiétez pas ! Contre le coup du choc.

- Qu’est-ce que j’ai fait moi ? Sophie !

 

- Julien ?

- Sophie, pardonne moi.

- Julien ? Quelle conne ! Ramène moi à l’hôpital.

- Quoi ?

- Ramène moi à l’hôpital !

- Sophie ! Sophie ! Sophie !

- Prends ton parapluie, où tu vas ? Tu vas être trempée là.

- Cap !

- Julien, regarde moi ! Mais attends Julien !

- Dis le, j’t’en prie !

- Ramène moi !

- Quand elle me prend dans ses bras, elle me parle tout bas, je vois la vie en rose, elle me dit des mots d’amour, des mots de tous les jours et ça me fait quelque chose.

- Les enfants nous attendent ! Julien !

- Tu vas te la fermer !? Tu vas te la fermer la gueule, toi ?

Le plus ennuyeux dans cette affaire, c’est que je me rappelais plus exactement de toutes les paroles. Mais bon, l’intention y était. La seule chose qui aurait pu m’arrêtait,  c’aurait été un bon poing dans la gueule.

- T’es un malade ! Mais t’es un malade !

- Julien ?

- Sophie.

- Ca suffit, réveille toi. Tu me laisses pas toute seule, hein ! Tu te réveilles maintenant. Réveille toi, réveille toi, j’t’en supplie. Reviens ! Reviens, j’t’en supplie ! Reviens ! Me laisse pas toute seule ! Non, c’est trop facile. Tu la mérites pas. Viens ! Viens la chercher ! Me lâche pas, cap ou pas cap ? Cap ou pas cap ? Julien ? Julien, tu m’entends ? Je sais que tu m’entends ! Reviens ! Cap ou pas cap ? Julien, CAP ! Viens !

 

* * * * *

 

- On se quitte plus.

- Jamais.

Pour gagner ce jeu, il faut une jolie boîte, une jolie copine, et le reste, on s’en fout.

- Tu sais, y a 2-3 trucs que tu m’as jamais demandé et que je regrette. J’aurais été cap.

- Genre ?

- Manger des fourmis, insulter les chômeurs qui sortent de l’ANPE, t’aimer comme un fou !

 

Et voilà. C’est comme ça qu’on a gagné la partie. Ensemble. Heureux. Et là, au fond du béton, on a enfin partager notre rêve d’enfant : le rêve d’un amour sans fin…

 

* * * * *

 

- B, B… Y a bien bragmare ou bite, mais ça rapporterait pas grand-chose… Branler ! Comment t’écris ça, toi ?

- Euh, écrire, ça, j’ai jamais fait !

- Qu’est-ce qui pourrait bien y avoir d’autre ?

- Et bander, tu peux pas ?

- Et toi !?

 

- Je suppose que vous avez des revendications. Et vos enfants ? Vous avez pensé à vos enfants ? Qu’est-ce qu’ils vont dire quand…

 

- Un orange pour toi, un orange pour moi. Tu aimes les bleus ? Parce qu’il y en n’a qu’un. Je te donne le bleu, comme tu es gentil. Et je te prends un violet. D’accord ?

- Je t’aime.

 

Sophie, c’est ma meilleure copine !

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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 09:15
Script entier : (1) - (2) - (3)

 

 


Script de Jeux d'enfants

Partie 2

 


Et oui, un matin, les choses sérieuses ont commencé.

( Dring)

- Oh merde de merde !

- Il est quelle heure ?

- L’heure de mon exam !

- Exam de quoi ?

- De maths.

- Tu l’auras pas. J’t’ai dit que je supportais pas ça !

- Oh ! Mais t’es con, ça va pas non ? Oh, mais t’es malade !

- Julien, julien ! C’est quoi tout ce bruit ? Julien ! Julien, ouvre !

- Merde, merde, merde !

- Julien, ouvre ! Tu ouvres, sinon j’entre. Julien !

 

- Rends moi ça !

- Cap ou pas cap ?

- Oh non, pas ce matin ! Pas ce matin, j’ai déjà assez les boules comme ça.

- Et si, ce matin… Ce matin, Sophie va mettre le soutif…

 

* * * * *

 

- Mademoiselle Kawalsky !

- Kowalsky ! Sophie, Kowalsky !

La règle du jeu était demeurée inchangée. Mais ce qu’on pouvait appeler taquinerie lorsque nous étions gamins devait à présent s’appeler perversion. Vous savez ce qu’est la perversion ? Ce n’est qu’une affaire de goût. Comme la bouffe chinoise. On aime ou on n’aime pas. N’empêche que… quand on est Chinois, on n’a pas le choix.

- Moi c’est Julien.

- Et moi c’est Va-te-faire-mettre

Donner un sens à ma vie ? Ca aurait été comme de jouer la 5e de Beethov, avec comme tout orchestre des ongles sur un tableau.

- Mademoiselle Kawalsky…

- Fonction vectorielle ? Alors… V1 par V2 est égal au produit de leurs deux modules multiplié par le cosinus de l’angle que forment les deux cordes.

- Hmm… Tu m’as l’air calé en fonction vectorielle. Dis moi si je me trompe…

- Mademoiselle Kawalsky…

- Ton vecteur est défini par une origine ? Mais surtout une grandeur orientée dans un espace vectoriel…

- Certains espaces vectoriels sont plus attirants que d’autres.

- Tu crois que tu pourras approfondir la théorie avec moi ?

- Cette loi est exponentielle.

- Tu révises tout seul d’habitude ?

- Hmm…

- On t’a jamais dit que ça rend sourd ?

- La solution de la sous-fonction delta s’il vous plaît, Mademoiselle Kawalsky.

- Kowalsky ! Euh… - 3M² - 2M + 1

- Mademoiselle Kawalsky… Mademoiselle, revenez, je vous ai pas autorisé à quitter cette classe !

- Euh, f(x) a deux racines distinctes si M est compris entre -1 et 1/3.

- Faut que j’y aille, c’est… c’est ma sœur.

- Pauvre mec !

- Plus fort, j’entends pas ! … Ca a marché, non ? J’l’ai fait quand même ! Oh, fais pas cette gueule !

- T’as fait quoi au juste ? A part léchouiller une gonzesse ?

- T’as… t’as rien compris ou quoi ? L’examinatrice a pas le bon nom ! J’ai grugé les listes, elle croit que tu t’appelles Sophie Kawalsky.

- Ah, bien joué Einstein ! C’est les résultats, pas les listes d’appel qu’il faut gruger ! Mademoiselle Kowalsky, ça fait quand même zéro !

- Arrête, c’était drôle, non ?

- Oui, c’était super drôle ! Et j’ai passé 20 minutes devant un peloton d’exécution rivé sur mon soutif. Après tout, qu’est-ce que t’en avais à foutre, t’avais mieux à faire. Tiens, ton susucre !

- Arrête, je la connais pas cette nana ! C’est juste pour passer le temps ! En plus, elle est nulle en maths !

- Aurélie Miller, une vraie tâche ! Elle a que deux choses pour elle : primo, elle a couché avec Igor, le prof de gym. Et deuxio, elle a les boucles d’oreille du délire. Voilà, tu la connais sous son meilleur jour !

- T’es jalouse !

- Moi ?

- Oui, toi !

- Mais paie toi les poufiasse que tu veux, je m’en tape ! J’essaie juste de réussir mon oral malgré ça !

- Ca alors, t’es jalouse !

- Tu me lâches avec ça ! Maintenant, si tu veux mon avis sur Aurélie Miller, vas y, je te donne ma bénédiction. Il parait que c’est un coup d’enfer, il y a que la furie du bois Jolie qui est pas passé entre ses jambes.

- Oh, arrête Sophie !

- Ah non, j’te jure, hein ! T’aurais tort de t’en priver. Au passage, tu me ramèneras ses boucles d’oreille, cap ?

 

* * * * *

 

- Mademoiselle… Miller ? Aurélie Miller…

 

- T’as un copain ?

- Euh, oui.

- Ben t’en as deux maintenant.

- Et toi ? T’as sœur, c’est vraiment ta sœur ?

- C’est elle qui m’envoie.

- Bon bah dégage ! Je hurle et toute la fac déboule.

- Nan mais… Ouvre ! Eh !

- C’est pour quoi ?

- C’est ok chez toi.

- J’dirai un coup de chiotte. C’est pour ça que tu me plais.

 

- Miller… Aurélie. Toujours pas ?

 

- Nan, ‘tends ‘tends ‘tends !

- Nan nan, il faut que j’y aille.

- Quand est-ce qu’on se revoit ?

- Euh, au troisième trimestre, pour les partiels.

- Non attends Aurélie, je t'en supplie. Donne-moi tes boucles d'oreilles. L'or de tes cheveux s'y reflète et l'organe semble si disgracieux au regard de tes seins. Abandonne ton esclave transi à la contemplation de tes boucles.

- Écoute t'es taré. T'es vraiment dingue, mais t'es gentil tu me laisses hein. On les a révisé nos fonctions vectorielles. On va pas s'atteler aux linéaires hein, ça nous ressemble pas...

- Tu crois au coup de foudre ?

- Bah ouais.

- Naïve !

 

- Aurélie Miller… Recalée.

 

* * * * *

 

- Ca te dérange si c’est déduit de ma paye ? Alors… ?

- Ben j’aime pas les blondes.

- Tu l’as fait, t’es vraiment un salaud, hein !

- Un tyran !

- Et voilà ! Comme ça Aurélie Miller n’a vraiment plus rien pour elle !

- T’oublies ton Igor là, le prof de gym. Celui qui a un tour de biceps plus grand que son périmètre crânien, hein ?

- J’ai déjà couché avec lui.

 

* * * * *

 

- Il fait combien exactement de tour de bras ?

- Autant que ton QI.

- Et il te plaît, ce yéti ?

- En deuxième choix, oui !

- Comment ça en deuxième choix ? Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est qui le premier choix ?

- A ton tour ! A ton tour, grouille !

- Igor, calme toi ! Tu connais les paris stupides, genre… euh… Blaise Pascal ? Il a peur de ne connaître. Wah !

- Tous tarrés !

- Hein Igor, ah !

 

- Bon, on passe à autre chose ?

- Va lui filer un coup de pied dans les couilles.

 

* * * * *

 

- Dis que tu regrettes !

- Oh ça va, c’était marrant !

- Dis que tu regrettes !

- Ben si t’étais pas cap, fallait pas y aller, hein !

- Regarde moi bien, abruti ! Si j’suis dans cet état, c’est que j’suis cap de tout, moi. Alors maintenant tu t’excuses.

- Tu peux toujours te gratter. Il te reste toujours un bras pour le faire.

- Enfoiré, donne moi la boîte… Embrasse moi, cap ?

- Cap !

- J’ai dit : embrasse moi !

- Ca va pas, non ? Vous êtes complètement fous ! Descendez, de ma bagnole ! Descendez, j’vous dis ! Mais ils sont malades ceux-là ! Vous m’entendez, oui ? Descendez j’vous dis ! Mais enfin, vous allez m’écouter, oui ? Descendez ! Bande de cons ! Connards ! Cons !

- Aime moi.

- Cap.

- C’est un jeu pour toi là ?

- Non, un pari. C’est toi qui l’as lancé.

- Ben si j’l’ai lancé, t’as pas su le rattraper au vol. Pauvre tache, tu vas louper ton bus !

 

* * * * *

 

Et puis, il a bien fallu grandir. Quand on est gosse, on croit naïvement que grandir, ça se fait tout doucement… Des nèfles, ouais ! Ca vient de fouetter ! Rrrouanh ! Comme une branche d’arbre quand quelqu’un passe devant toi dans une forêt. Ou quand ton père te dit :

- C’est fini Julien. C’est fini de jouer. Tu as un concours dans deux mois, un concours. Ne le rate pas, sinon moi j’te raterais pas.

- Bon ça va Papa, écoute, c’est pas si grave… Sois zen !

- ZEN ?!? Petit con, va ! Tu trouves que j’suis pas assez zen comme ça ? Dois-je te rappeler que tes jeux si lumineux ont tué la femme que j’aimais ? Qui, j’te rappelle en passant, était aussi ta mère !

- C’est dégueulasse ! Maman est pas morte à cause de moi !

- Oui, c’est dégueulasse, nous sommes d’accord. C’est dégueulasse un mec pas zen. C’est dégueulasse au point de t’élever tout seul, enfoiré !

- T’es une ordure ! J’l’ai pas tuée !

- Oui, j’suis une ordure ! J’suis un mec cap ! J’suis cap de casser la gueule de son fils ! J’suis pas cap d’accepter que cette graine de polak de Sophie Kowalsky vient de lui empoisonner son fils, au point que tu me parles plus jamais ! Sauf quand ta copine a fait un pari sur mon dos… Choisis ! C’est elle, ou c’est moi ? Alors… cap ? Ou pas cap ?

 

* * * * *

 

- Sophie !

- Salut Julien ! Tu veux voir Sophie ? Elle est pas là.

- Qu’est-ce que tu fous là ? J’t’avais dit de ne jamais rentrer ici. T’es content, t’as vu ! T’as amené les cacahuètes, j’espère ! Tu m’avais promis que c’était un pari.

- J’m’en fous du pari, écoute moi, merde !

- J’m’en fous pas, moi !

- J’plaque tout. J’suis désolé, je savais pas.

- T’es désolé ? C’est vrai, ça change tout.

- Ecoute, viens ! On s’en va. On se barre.

- Et on se barre pour quoi ? Ta chambre d’ado à son Papa ? Arrête de te prendre pour le prince charmant ! J’ai pas besoin de ta pitié, barre toi tout seul !

- Sophie, pardonne moi !

- Barre toi !

- Cap ou pas cap ?

- Barre toi.

(Pleurs)

 

* * * * *

 

Me pardonner. Ca a été sûrement le pari le plus dur que j’ai donné à Sophie. Mais Sophie n’a jamais aimé la facilité, ça lui a pris un foutu temps. Peut-être un chouilla trop. Entre temps, les arguments massus de mon père avaient eu raison de moi.

- Bonjour Monsieur. Julien est là ? S’il vous plaît Monsieur Janvier ! J’viens voir Julien. Ohoh, il est là ? Julien, tu m’entends ?

 

* * * * *

 

- Non non, dis rien, c’est à moi de parler. J’t’ai manqué ? Parce que, toi tu m’as manqué. T’es un vrai tyran, tu sais. C’est tellement dur de te faire la gueule ! Mais… j’t’en veux quand même. Te fais pas d’illusion. J’voudrais qu’on parle, qu’on oublie en jeu. Rien qu’une fois. T’aimes ma robe ? J’ai hésité, hein. J’l’ai chippée à ma sœur, y en avait une autre rouge… Genre bombe carbone-nucléaire, tu vois. Je sais que c’est celle là que j’aurais dû mettre. J’ai peut-être passé… j’sais pas moi… 3h devant mon miroir ! Mais… j’y suis arrivée. Tu vois, j’suis jolie. Et alors là, j’espère que ça te plaît, sinon j’te colle une de ces raclées. Attends, chut, chut. Hmm… J’en étais où ? Le problème, c’est que… même si tu me disais « J’adore », j’te croirais pas. Julien, je sais plus quand tu joues, et quand tu joues pas. J’suis perdue. Attends deux secondes, j’ai pas fini. Dis moi que tu m’aimes. Dis moi juste que tu m’aimes, parce que moi j’oserais jamais te le dire la première, j’aurais trop peur que tu crois que c’est un jeu. Sauve moi, j’t’en prie. Merci.

- Salut.

- Salut. Julien…

- Tu viens réviser ?

- Comme t’as pas idée.

- Pas maintenant, s’il te plaît.

- Quand alors ? Demain ?

- Dans un an. J’suis désolé.

- Lâche moi avec tes « désolé ». Urbanisme… ça te plaît vraiment, alors ? Tu sais que tu parles à une pure spécialiste ? Les HLM c’est mon truc.

- On n’a jamais parlé de l’avenir tous les deux. De nos deux avenirs.

- Nos deux avenirs… Tu vois, spontanément, j’aurais dit « notre avenir ». Faudrait croire que le présent devrait me suffire. J’imagine que… que j’nous voyais continuer comme ça des années. Quelle conne ! Allez, réussis ton concours ! Cap ou pas cap ?

- J’suis désolé.

- J’suis désolé Sophie. C’est bon. Au fait, on avait déjà  parlé de l’avenir. Une fois. On s’était pas trop trompé d’ailleurs : t’apprends à devenir un tyran et moi un flanc !

- Reste !

- Non, je voudrais pas trop te retarder.

- T’arrêtes tes conneries ?

- Va bosser, y a pas de problème ! Moi aussi j’ai pas mal d’examens à passer. J’étudie les hommes.

- Ah, t’as pris socio finalement. Sympa.

- J’ai pas dit les humains, j’ai dit les hommes, les mâles, les mecs. Et j’ai pas mal révisé.

- Profite en, t’es dans un bibliothèque. Y a pas mieux pour réviser. Cap ?

- Cap !

- Arrête, on fait une connerie là. Arrête. Arrête !

- Pourquoi ? C’est juste un pari ! Allez, j’retourne étudier. On se revoit dans un an.

 

- Oui ?

- Euh… Tu sais très bien ce que je veux dire.

- Non, je sais pas. Dis le.

- C’est pas facile.

- Ca peut pas attendre un an ?

- Tiens, sois prudente dans tes études.

- T’essaies de me faire mal. Sois ridicule Julien, t’en n’es même pas cap.

- Tu m’attendras ?

- C’est un gage ?

- Non.

- Tu verras bien alors.

- Sophie ! Sophie, je t’aime ! Je t’aime ! Descends !

Quel imbécile ! Mais regardez le cet imbécile sur son banc, prétextant qu’il fait la grimace parce qu’il crache ses poumons ! Mais que des prétextes. Nan, mais j’vous demande, ce serait pas plus simple d’aller la prendre dans tes bras, de lui parler tout bas, de lui dire des mots d’amour. Des mots de tous les jours. Et dès que tu l’aperçois, alors tu sens en toi ton cœur qui bat. Eh, c’est à toi que je parle, tu m’entends ? Mais bien sûr que tu m’entends, c’est justement ça qui t’ennuie ! Quel sinistre imbécile ! Et le pire, c’est que t’as pas fini de blanchir.

 

* * * * *

 

- Vous désirez ?

- T’as une robe de soirée ?

- J’ai même pas de soirée.

- Bon bah, j’t’offre les deux. J’ai quelque chose de très important à te demander.

- Qu’est-ce que tu prends ?

- Un café…

- Un café, c’est tout.

- On peut parler là ?

- Non. Excuse moi, mais y a des trucs qui ont jamais collé entre nous. Des trucs cons, mais euh… Bah, c’est comme tes pompes, tiens.

- Mes pompes ?

- Bah oui, c’est franchement grotesque. Tes Dog Matin’s là, avec ton plis bien faits au milieu de ton pantalon, ça jure ! J’suis désolée, hein. Ca attire tellement l’œil, j’arrive même pas à t’écouter. Allez, tiens, j’te l’offre, à plus.

- Ben attends, j’vais quand même pas les retirer, non ?

- Hein ? C’est toi qui vois, je croyais que tu voulais qu’on parle. Sinon, lundi je termine à 19h. Repasse plus tard !

- Quoi, je repasse plus tard ?!

- Ah oui, nan, en fait, je prends mon cours de chant après.

- Ah bon ? Tu chantes ?

- Bah oui, tu vois. Ca, c’est pas ma vie, c’est juste un job. Ca correspondait sûrement pas à l’idée du héros qui vient de se sauvait du naufrage, hein. Désolée, mais pendant toutes ces années, j’ai vécu. C’est bizarre, non ?

- Je me faisais aucune idée… Je suis ravi d’apprendre que tu prends des cours de chant. Tu veux devenir chanteuse ?

- Ca, c’est tout toi : la rentabilité avant tout ! Je prends des cours de chant, donc je veux devenir chanteuse. Toi, quand tu files 100 balles en Ethiopie, c’est pour devenir mère Térésa ? Je… Puis merde ! J’avais dit que j’te parlerais pas ! Tu vois, je dis que des conneries là ! C’est tes pompes, ton froc, ça me déconcentre ! Allez, laisse moi bosser.

- Bonjour.

- Bonjour.

- Ca va ?

- Ca va, très bien, et vous ?

- Ca va ! Bon… j’peux t’inviter au resto, maintenant ?

- (Rires) Nan !

- Tu vas où là ?

- Pose moins de questions, t’auras plus de réponses.

- Tu m’as dit que tu finissais à 19h, lundi.

- On est mardi.

- Sophie ! Attends moi !

 

* * * * *

 

- Un embouteillage monstre, on n’a jamais vu ça. Y a un camion qui essaie de faire demi-tour en plein milieu de la route… T’as quelqu’un ?

- Quoi ?

- T’as quelqu’un dans ta vie ?

- Quelqu’un dans mon lit, tu veux dire. Pourquoi tu me demandes ça ?

- Pour rien. Juste une dialectique conflictuelle sur… euh… l’état du cœur.

- Dialectique conflictuelle, hein ? On devait aussi avoir une conversation, non ?

- Alors… t’es amoureuse ? T’es pas obligée de répondre, c’est juste une question.

- J’ai personne dans mon lit si c’est ce que tu veux savoir. Personne que je puisse changer avec les draps. Il est footballeur, il s’appelle Sergueï Nimov Nemovitch. Enfin, s’appelait, je l’ai largué ce matin.

- Comment t’as pu sortir avec mec qui a un nom à coucher dehors ?

- Ben justement, j’avais marre de coucher dehors.

- Depuis ce matin, rien d’autre ?

- A part Sergueï ? Euh, Greg son copain, Jérôme son père. Un François, deux - trois Kévin, le prince de Cendrillon, la troupe de la Guerre des étoiles. Enfin, tu vois, rien de bien sérieux, un cœur à prendre. Dis donc, resto chic, champagne… tu fais bien les choses pour un peu, je croirais même que tu me dragues.

- Ca semblerait si impensable ?

- T’as vu la fille là-bas ? Elle porte la même robe que j’portais la dernière fois qu’on s’est vu. C’était y a combien… 4 ans ?

- J’ai vu.

- Ca lui va pas du tout d’ailleurs. Une vraie potiche. J’avais l’air aussi gourde quand je la portais ?

- Parle pas des gens comme ça, tu la connais pas.

- Ben toi non plus, tu la connais pas, qu’est-ce que ça peut faire ? Qu’est-ce qui t’amènes ? T’as eu ton diplôme, c’est ça ?

- Mon diplôme n’était qu’une affaire platement chronologique. Allez ! A nous, à l’instant présent, et… à ce que je vais te demander. Ca fait des années que j’attends t’en parler.

- Me parler de quoi ?

- De moi.

- De toi ? Mais t’as jamais parlé d’autre chose que de toi.

- Bah disons de… de mon cœur. Sophie, j’suis amoureux.

- T’es amoureux ? Comme ça ?

- Non, pas comme ça. Ca fait des années. Des années de silence. J’voudrais me marier. T’es d’accord ?

- Tu me demandes quoi là ? Si j’suis cap ? Tu te souviens quand on était gosse au mariage de ma sœur : je t’avais demandé de dire non si tu te mariais. Tu m’avais dit cap.

- Aujourd’hui, tu dis quoi ?

- Tu… Tu veux vraiment te marier ?

- J’ai besoin de toi pour ça.

- Ah ! Ca c’est sûr, se marier, ça se fait pas tout seul.

- J’te les confie, tu les garde jusqu’au jour de la cérémonie.

- Ecoute, c’est…

- T’es d’accord ? T’es d’accord. Elle est d’accord. Elle est d’accord. Tu vas être mon témoin à mon mariage. Merci Sophie. Je vais te présenter ma fiancée : elle s’appelle Christel, jolie, non ?

- Nan.

- Et elle porte la même robe que toi il y a 4 ans. C’est moi qui l’ai lui offerte. Tu te souviens de ce jour là où tu m’as dit que je serais jamais cap de te faire du mal… Cap ! Cadeau ! Comme ça, on est quitte !

- Alors, tu nous présentes maintenant ?

- Christel, Sophie. Sophie, Christel. Mon futur, mon passé.

 

* * * * *

 

- Levez vous mes enfants. Vous allez à présent échanger les consentements. Christel, mon enfant, Christel Louise Bouchar, tu as souhaité échanger les consentements dans la maison du Seigneur. Christel, acceptes-tu de prendre pour époux Julien Antoine Janvier, de l’aimer et le chérir jusqu’à ce que la mort vous sépare ?

- Oui, je le veux.

- Et toi, mon garçon, Julien Antoine Janvier,  consentes-tu de prendre comme épouse Christel Louise Bouchar, de l’aimer et la chérir jusqu’à ce que la mort vous sépare ? Julien, réveille toi mon petit, ta promise attend. Consentes-tu à prendre Christel Louise Bouchar…

(Sophie mime un « non »)

- Oui, oui je veux prendre Christel pour épouse.

- Bien. Alors mes enfants, si quelqu’un connaît une raison…

- Moi ! Moi j’m’oppose à ce mariage. Julien est engagé avec une autre femme, nous sommes unis.

- Oh mais elle va pas bientôt nous lâcher celle-là ? Julien ! Tu la fais sortir d’ici !

- Julien, dis leur ! Cap ou pas cap ?

- Vas t’en !

- Julien !

- T’as un vrai problème mon Julien. Ta mère est crevée quand t’étais gosse alors t’as jamais fini ton oedipe, t’as jamais pu la baiser, t’as jamais pu tuer ton père. Voilà 25 ballets en train de commander ta vie, au lieu de la diriger.

- Arrête Papa. Arrête !

- Oui j’arrête ! J’arrête tout ! Regarde moi Julien ! Regarde moi bien : c’est la dernière fois que tu vois ton père. Tu t’es trop foutu de ma gueule. Maintenant c’est fini, fini le jeu, l’humiliation ! Et à partir de cet instant, tu n’existes plus ! Tu es rayé de ma vie.

- Ne l’écoute pas, c’est un mensonge de gamine. Arrête. Arrête, c’est un jeu.


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Published by Inside-the-clouds Webmaster - dans Jeux d'enfants - le film - Love me if you dare
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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 09:58

Comme promis, voici ici le script du film avec Marion Cotillard et Guillaume Canet : Jeux d'enfants, avec quelques répliques cultes. Ce script est divisé en 3 parties, puisqu'un article sur over-blog.com ne peut dépasser 64 000 caractères ;-)


Il s'agit du script que j'ai moi-même tapé. Alors, il se peut qu'il y ait quelques petites fautes d'orthographe...


Script entier : (1) - (2) - (3)





Script de Jeux d'enfants

Partie 1

 


J’aime bien les osselets, le monopoly – mais seulement quand j’tiens la banque. J’adore jouer aux billes – je gagne tout l’temps. Le jeu de l’oie, c’est franchement débile. Enfin, toujours moins que les dames, le rubis cube, et toutes ces conneries des pays de l’est. Les devinettes, c’est pas mon truc. Yams, crapette, marelle, c’est ok. Oh, chat perché, ça passe encore, mais ça s’arrête là. Mais il y a un jeu auquel il ne faut jamais jouer – je dis bien JAMAIS, même si c’est votre meilleure amie qui vous le propose. C’est de se faire ensevelir dans un bloc de béton.

 

Ce jeu, il a commencé avec une jolie maison. Et un joli bus sans chauffeur. Une jolie boite et une jolie copine. Non, en vérité, j’me trompe. Le jeu a commencé un petit peu plus tôt. Ca a commencé par un mot dégoûtant, qui veut rien dire du tout. Un mot comme « Métastase ». N’importe quoi ! Pourquoi pas « Mammouth » tant qu’il y est ? En plus, ça fait pleurer Maman. De toute façon, les médecins, ils sont nuls. Ils disent des mots nuls. Ils portent des pantalons nuls. Alors, imaginez ce qu’ils peuvent bien savoir sur les mamans.

 

Et puis, il y a aussi d’autres mots pas sympas. Comme… Kowalsky. Oh, cherchez pas, ça n’veut rien dire non plus. Kowalsky pue aussi. « Polak ! ». Et puis encore « Sale polak ! ». Sans oublier « Sale polak tête à claque ! ». Et tout ça, ça veut dire à peu près la même chose : ça veut dire « J’ai mal », « J’ai mal comme personne d’autres sur Terre, sur Mars et même sur Altaïr 4 ».

 

* * * * *

 

- Tu l’aimes ? Moi aussi j’la trouve très jolie. Donne.

- C’est un trésor ? Un vrai ?

- (Oui de la tête)

- Waouh ! En tout cas, moi j’ai jamais vu un manège aussi beau, jamais jamais. Si, peut-être sur Altaïr 4, mais pas sur Terre.

- Moi si.

- Où ? J’veux dire : c’est un vrai manège ? Il existe vraiment ?

- Oui mon ange. Là. Et là.

- Et là aussi.

- Julien, tu prends le bus ce matin, il faut que je reste avec Maman.

- Allez, allez, allez mon Juju. File.

- Maman, maman, t’as oublié ton trésor.

- Garde le. Mon seul trésor, c’est toi.

 

* * * * *

 

- Sophie ?

- Tu dois confondre : moi c’est sale polak !

Sophie non plus n’avait plus rien de précieux ce jour-là. Alors, fallait partager.

- Tu m’le prêteras de temps en temps ?

- Tu la donnes et tu la reprends. Si tu la veux vraiment, prouve le moi. Cap ou pas cap ?

C’était parti ! J’crois que c’est comme ça que ça a vraiment commencé.

- (Rires) Cap !

 

- Qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce que tu as fait ? Tu vas répondre ?

- Rien. Non, j’veux pas qu’il me tape.

- Il te tapera pas. Arrêtez, vous avez pas le droit. Arrêtez.

- Silence. Je ne t’ai pas parlé. Julien ! Tu réponds !

- Je n’veux pas qu’il me tape. Non !

- Il te tapera pas Julien. Cap ! Tapez pas, vous avez pas le droit, arrêtez !

- Tais toi !

A bien y réfléchir, je crois que Papa n’a jamais beaucoup aimé Sophie. Même au tout début.

 

* * * * *

 

Le jeu s’est mis en place tout seul. Si Sophie avait la boîte, elle pouvait me donner n’importe quel gage. J’le faisais. Et j’regagnais la boîte. Alors, c’était à mon tour de donner un autre gage. Fastoche ! Et super rigolo, non ? Un jeu crétin ? Peut-être bien ! Mais… c’était notre jeu.

 

* * * * *

 

- 8 fois 7 ! 9 fois 7 ! 3 fois 7 !

- 21.

- 4 fois 7 !

- 28.

- 5 fois 7 !

- 35.

- 6 fois 7 !

- 42.

- 7 fois 7 !

- 49.

 

* * * * *

 

- Avec la lettre A, citez moi des noms communs commençant par la lettre A… Franck ?

- Des animals !

- Des animaux ! Oui Franck : un animal, des animaux ! Qui d’autres ? Sylvie !

- Abricot.

- Très bien ! Des abricots ! ABRICOT ! A présent, B ! D’autres noms communs commençant par la lettre B ? Oui, Sophie ! B, comme… ?

- B comme bite. B comme brouter, brouter la moquette. Bordel aussi, braguette, bistouquette.

- Ca suffit, tais-toi tout de suite !

- Barre toi si tu veux. Boudin baveux. Barre toi boudin baveux.

- Mademoiselle se croit drôle ? Je te mets zéro, tu m’entends ? Z, comme zéro ! J’t’envoie chez monsieur le directeur ! On verra si ça te fait rire ! Qu’est-ce que c’est que ça Julien, je peux savoir ce que tu fais ? Allez, chez monsieur le directeur avec Sophie !

 

* * * * *

 

- Bander.

- Quoi ?

- B comme bander.

- J’sais bien peleton !

 

* * * * *

 

- La discipline. La discipline est la mère du respect. Et sans respect, c’est la fin de la civilisation. L’aquédiquescence des fondamentaux de la cité, la voyoucratie, quoi ! Et tout cela grâce à qui ? Mais à Mademoiselle Kowalsky ! Et à Monsieur Janvier ! Hein ?

- Cap !

- Qu’y a-t-il Monsieur Janvier ? Si vous avez quelque chose d’intéressant à dire, faites moi participer ! Me demande quelle idée fumeuse a pu traverser votre petit cerveau chétif pour vous permettre de m’interrompre ! Vous imaginez sûrement, Monsieur Janvier, que…

C’est un super jeu ! Le problème, c’est qu’il fait vraiment rire personne.

- Séparez les ! Séparez les Mademoiselle !

Nous séparer. Ils n'ont jamais été caps d’y arriver.

 

* * * * *

 

- Monsieur Janvier, allez donc rejoindre votre camarade Mademoiselle Kowalsky. Les grands esprits se rencontrent, n’est-ce pas ? Est-ce que vous connaissez le sens du mot châtiment ?

 

- Même si ce n’est pas pour vous, est-ce que vous avez pensé à l’avenir que vous préparez à cette petite ? Si vous ne lui induisez pas un minimum d’éducation…

- Bon, ça va ! J’suis pas sa mère !

- La vulgarité n’est pas au programme de l’éducation ! Ni de l’académie, Mademoiselle Kowalsky ! Je vais encore une fois de plus convoquer vos parents !

- Nos parents, ils parlent pas Français. Et d’ailleurs « bite », ça veut dire « marteau » en polonais. Autre chose ? Toi ! Tu perds rien pour attendre ! Tu vas être privée de dessert, privée de sorties, privée de télé !

- T’es privé de bonbons ! T’es privé de bandes dessinées ! Et t’es privé de lumière dans le couloir. Et maintenant, va chercher ton manteau ! Ca suffit maintenant !

- Cool ! Tu fais la même chose ?

 

* * * * *

 

- Tu montes tout de suite dans ta chambre ! Julien ! Tu réveilles pas Maman ! Julien !

- Maman ! Maman, maman ! On a mangé un truc super à la cantine. Quoi ? T’es restée au lit toute la journée, veinarde ! On a eu une dictée. Vlan !

- Tu sais… Mon Julien… y a un médecin qui est venu me voir ce matin.

- Eh ben, j’ai quand même fait 5 fautes et tu sais quoi ?

- Juju, sois gentil. J’voudrais…

- J’ai eu 10 en récitation ! Tu veux l’entendre ? Oui, j’ai aussi fait une grosse bêtise…

 

Les amis, c’est comme les lunettes. Ca donne l’air intelligent, mais ça se raye facilement. Et puis, ça fatigue ! Heureusement, des fois, on tombe sur des lunettes vraiment cool ! Moi, j’ai Sophie.

 

* * * * *

 

- A présent, des animaux commençant par A !

- Asticot.

- Bien !

- Autruche…

- Très bien !

- Abruti, Altaïr 4…

- Continue !

- Cap ou pas cap ?

- Cap !

- Je te mets zéro, tu m’entends ? Un zéro ! Et on va au bureau de monsieur le directeur !

- La discipline ! Toujours… la discipline ! Je vous avais prévenu pourtant ! Cette fois-ci, c’est l’avertissement. A partir de maintenant, c’est terminé l’Eden. Ca va barder ! Ah… ma petite fille, tu accoucheras dans la douleur, tu porteras des talons aiguilles, tu subiras des régimes, des pillings, des liftings, et en plus… tu feras la proprote ! Et c’est pas fini… Toi, mon petit, je t’ai réservé le pire… Les tourments et les fléaux, les dinosaures, la guerre atomique, Hitler, la guerre, le massacre des Indiens, les machines à lavée, les pétroliers qui font naufrage, la misère… mais surtout, oh oui, surtout : les jolies Mamans, malade !

 

* * * * *

 

- Et dans cette direction, habitant de Mars : « Allez y voir si vous voulez, ils sont fous tous les deux. » « Beuh, je ne veux pas aller chez les fous », protesta Alice. « Oh, vous ne pouvez pas faire autrement, dit le chat. Nous sommes tous fous ici : je suis fou, vous êtes folle. » 

- Maman, tu vas mourir ?

- Je ne vais pas bien.

- Tu vas mourir ?

- Oui. Comme tout le monde.

- C’est à cause de moi ? Parce que je fais des bêtises ? Tiens ! T’as qu’à me demander de faire quelque chose d’intelligent ! J’te jure, j’le ferai ! J’suis cap, hein !

- Tais toi.

- Pas cap.

- Bouche toi les oreilles. Bouche toi les oreilles fort fort fort, encore plus fort. Tu entends comme je t’aime, c’est le plus important. Bon, où on en était ?

- Sophie est cap d’écrire avec les dents, c’est important, non ?

- (Rires) Oh, on dirait que ni Alice, ni ta mère ne t’intéresse autant que Sophie ! Alors, avec les dents, bien sûr… et comment elle se débrouille avec les oreilles ?

- Tu sais le faire toi ? Et jeter les araignées dans la purée ? Et monter à la corde les yeux bandés, t’sais ?

- Avec un verre en équilibre sur la tête ?

- Pah, j’te crois pas !

- (Toux) Tu t’imagines que t’es le premier à jouer à cap ou pas cap ? Allez, bonne nuit ! (Toux)

- Maman ? C’est quoi ce que tu as fait de plus fou ?

- Voler.

- Voler ? Voler quoi ?

- Voler dans le ciel.

- Waouh ! Montre, allez, vas y ! Vole, vole !

- Cap… Plus tard.

- Quand ?

- Bientôt, j’te le promets. (Toux)

- Mais quelle idée d’aller lui lire une histoire ! Dans ton état… c’est toi qui devrais être au lit.

- Maman ? J’suis encore très puni ? Ou juste un peu ? J’veux dire, euh, Sophie m’a invité à… le mariage de… sa sœur…

- Nan !

 

* * * * *

 

- Moche sa robe !

- Moche son mec !

- En tout cas, si moi j’me marie un jour…

- Tu diras non au curé, cap ou pas cap ?

- Cap bien sûr !

- Qu’est-ce que tu feras quand tu seras grand ?

- Tyran !

- Ouais, tyran ?! Avec tout un peuple asservi ?

- Parfaitement. Avec un arène, des esclaves. Je les torturai chaque jeudi matin !

- Cool !

- Et toi ?

- Ben… je… Non, c’est idiot.

- Allez, dis le !

- Non, ça va pas te plaire.

- Moi j’te le dis, raconte !

- J’aimerais être un flanc. Un flanc aux abricots. Nature, tiens. Un peu tiède dans une boulangerie, en vitrine.

- Un flanc ?! Comme le gâteau ?

- Ben évidemment, qu’est-ce que tu veux que ce soit d’autre ? Y en n’a pas 46 000 des flancs !

- Flanc… Flanc… Ah mais ouais, un flanc ! Mais ouais, mais c’est super génial !

- Bon, cap ou pas cap ?

- Caaap !

- Mouais !

- Hmm, quoi « mouais » ?

- C’est juste à cause de ça que les hommes sont mieux payés que les femmes ?

- Aux bons ouvriers, les bons outils.

- A mon tour ! Montre moi ta zizette !

- C’est pas du jeu ! C’était MON gage ! T’as pas le droit de copier !

- Cap ou pas cap ?

- Cap.

- C’est tout ? Mais on voit rien du tout !

- Tu vois que les femmes sont plus malignes que les hommes ! C’est tellement plus simple d’être amis… Tire la nappe !

- Cap !

- A toi ! Plus fort !

- Cap !

 

- Julien ! J’te cherchais partout !

- Oh, oui, le prof de violon était malade, et…

- On verra ça plus tard, allez, viens.

 

* * * * *

 

- Maman !

- Mon Julien, mon grand garçon.

- Tu vas guérir, hein ? Tu vas guérir. Cap ou pas cap ?

- C’est pas toi qu’a la boîte mon coeur. C’est pas à toi de faire les gages.

- Ben j’vais la chercher !

- Laisse Julien. Embrasse ta mère.

- Tout à l’heure j’irai. Et puis après, tu me montres comment tu voles.

- (Acquiescement de la tête)

 

- Qu’est-ce que tu fais ici ?

- Julien, je…

- Laisse moi, s’il te plait, tu peux pas comprendre.

- C’est sûr. J’suis juste bonne à jouer. Ok, la prochaine à cloche pied, cap ou pas cap ?

- Je saute deux et Maman guéri. Je saute trois et elle revient à la maison, pour mon anniversaire. Ouais ! Quatre d’un coup, elle revient ce soir, toute guérie ! Maman ? Maman ? Maman ! Maman ! Maman ! Maman ! Maman… Maman !

 

* * * * *

 

- Lalalalala (La vie en rose)

 

* * * * *

 

- Bonjour, je suis le Papa de Julien. Vous êtes la Maman de Sophie ? Sa sœur ? J’ai besoin de… Est-ce que Sophie pourrait venir à la maison… ce soir ?

 

- Tu dors ?

- Officiellement, oui.

- Les rumeurs disent que tu fais semblant.

- Oui, j’ai lu ça dans Paris Match, juste des ragots. J’vais dormir un peu.

- Dis, demain, j’pourrais venir dormir chez toi, hein ? J’pourrais ?

- Nan ! Jamais, tu viendras jamais chez moi, promets le !

- Pourquoi, ce serait vachement…

- Promets le !

- Bon, d’accord.

- Bonne nuit.

C’est comme ça qu’on prend de mauvaise habitude. Je parle pas de casser des tasses. Ca, c’est plutôt sympa. Mais de dormir. Sophie et moi, on a bien dormi 10 ans cette nuit là. Et au matin, les choses sérieuses ont commencé.

 

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 09:00

Je vais ici essayer de donner quelques explications aux idées ou subtilité du film Jeux d'enfants.
De l'intérêt pour les mathématiques, en passant par le jardin d'Eden, le jeu, les paris, l'importance de chaque paroles données, les robes, la BO mais aussi une explication de la fin du film...

La suite de ce post est plutôt conseillée à ceux qui ont déjà vu le film, qui pourront ainsi comprendre ce à quoi je fais référence. Elle est déconseillée aux autres personnes, surtout que cela fera perdre la magie du film. (Attention aux spoilers !)

 

Un film réalisé par Yann Samuell, avec Guillaume Canet et Marion Cotillard
dont vous pouvez lire
la fiche et les répliques cultes ,
une analyse du film ,
ou encore le script du film
(1) (2) (3)

 

 

 

Leur intérêt pour les maths et pour les « devinettes »


Encore enfants, Julien faisait réciter à Sophie ses tables de multiplication. « 4 fois 7 ! - 28. - 5 fois 7 ! - 35. - 6 fois 7 ! - 42. - 7 fois 7 ! - 49. » En fait, tout cela faisait simplement comprendre qu’ils partageaient, dès la primaire, un intérêt commun : les maths. Julien et Sophie sont tous les deux très bon en maths, comme on peut le comprendre lorsque Sophie se fait interroger lors de son examen oral (« Kowalsky ! Euh… - 3M² - 2M + 1 » « Euh, f(x) a deux racines distinctes si M est compris entre -1 et 1/3. »), ou lorsque Julien explique les maths à Aurélie Miller, une jeune étudiante qui attend son tour pour passer l’examen oral : « Fonction vectorielle ? Alors… V1 par V2 est égal au produit de leurs deux modules multiplié par le cosinus de l’angle que forment les deux cordes. ». D’ailleurs, il se moque d’elle auprès de Sophie : « Arrête, je la connais pas cette nana ! C’est juste pour passer le temps ! En plus, elle est nulle en maths ! »

 

La scène où l’on demande des mots commençant par certaine lettre de l’alphabet est assez récurrente : elle revient 3 fois. D’abord, en classe, lorsque l’institutrice interroge Sophie et que celle-ci répond : « B comme bite. B comme brouter, brouter la moquette. Bordel aussi, braguette, bistouquette » (d’ailleurs, juste après, Julien fait la remarque « B comme bander »). Ensuite, dans le rêve de Julien où il se voit dans le jardin d’Eden avec Sophie : « A présent, des animaux commençant par A ! - Abruti, Altaïr 4… ». Et enfin, dans la dernière scène, lorsqu’ils sont vieux et qu’ils jouent au scrabble : « B, B… Y a bien bragmare ou bite, mais ça ne rapporterait pas grand-chose… - Branler ! Comment t’écris ça, toi ? - Euh, écrire, ça, j’ai jamais fait ! - Qu’est-ce qui pourrait bien y avoir d’autre ? - Et bander, tu peux pas ? - Et toi !? » en référence à ce que Julien avait dit lorsqu’il avait 10 ans.

 

Le Jardin d’Eden

 

Julien et Sophie se lançant les défis les plus absurde, ne se soucient pas de ce vulgaire et ce qui ne l’est pas. Le directeur les punit alors de leur grossièreté, en quelque sorte comme Dieu punit Adam et Eve de s’être mal comporter dans le jardin d’Eden… La scène où l’on voit Julien et Sophie dans le jardin d’Eden fait alors référence à cette scène de la bible. Les personnages jouent alors respectivement les rôles d’Adam et Eve, et le directeur de l’école le rôle de Dieu, qui punit Julien et Sophie de leur non obéissance :

« La discipline ! Toujours… la discipline ! Je vous avais prévenu pourtant ! Cette fois-ci, c’est l’avertissement. A partir de maintenant, c’est terminé l’Eden. Ca va barder ! Ah… ma petite fille, tu accoucheras dans la douleur, tu porteras des talons aiguilles, tu subiras des régimes, des pillings, des liftings, et en plus… tu feras la proprote ! Et c’est pas fini… Toi, mon petit, je t’ai réservé le pire… Les tourments et les fléaux, les dinosaures, la guerre atomique, Hitler, la guerre, le massacre des Indiens, les machines à lavée, les pétroliers qui font naufrage, la misère… mais surtout, oh oui, surtout : les jolies Mamans, malade ! ». Julien pense donc que ses jeux excessifs ont conduit à la maladie de sa mère, qu’il s’agit d’une punition infligée par le destin. D’ailleurs, il demande même à sa mère s’il est vraiment la cause de sa maladie : « Maman, tu vas mourir ? C’est à cause de moi ? Parce que je fais des bêtises ? Tiens ! T’as qu’à me demander de faire quelque chose d’intelligent ! ». De plus, cette scène où on voit Julien et Sophie au centre, montre bien qu’ils sont enfermés dans leur monde.

 

Un tyran et un flanc


« Qu’est-ce que tu feras quand tu seras grand ? - Tyran ! - Ouais, tyran ?! Avec tout un peuple asservi ? - Parfaitement. Avec un arène, des esclaves. Je les torturai chaque jeudi matin ! - Cool ! - Et toi ? - Ben… je… Non, c’est idiot. - Allez, dis le ! - Non, ça va pas te plaire. - Moi j’te le dis, raconte ! - J’aimerais être un flanc. Un flanc aux abricots. Nature, tiens. Un peu tiède dans une boulangerie, en vitrine. - Un flanc ?! Comme le gâteau ? - Ben évidemment, qu’est-ce que tu veux que ce soit d’autre ? Y en n’a pas 46 000 des flancs ! - Flanc… Flanc… Ah mais ouais, un flanc ! Mais ouais, mais c’est super génial ! ». Cette référence au tyran et au flan reviendra souvent, plus tard, au cours de leur vie : comme par exemple, lorsque Julien a réussi à prendre les boucles d’oreille d’Aurélie Miller après l’avoir séduite : « Tu l’as fait, t’es vraiment un salaud, hein ! - Un tyran ! ». Plus tard, lorsque chacun commence à construire leur vie, Julien trop occupé à étudier pour ses examens fait remarquer à Sophie qu’ils n’ont jamais parlé de leur avenir respectif : « Au fait, on avait déjà parlé de l’avenir. Une fois. On s’était pas trop trompé d’ailleurs : t’apprends à devenir un tyran et moi un flanc ! ». Ce qui restera vrai dans les 10 prochaines années de leur vie : Julien à 35 ans crie sur son fils alors que celui-ci ne faisait que jouer avec lui : « Dis moi, t’es cap de faire pleurer une fille le jour de son mariage ? Hein ? T’es cap de rire quand t’es malheureux, de te taire pendant 10 ans ? Hein ? Dis moi, t’es cap ? », alors que Sophie reste simplement la femme d’un footballeur professionnel, et ne rien vraiment de ses journées.


Le jeu

 

«Tu révises tout seul d’habitude ? - Hmm… - On t’a jamais dit que ça rend sourd ?. » Cette dernière phrase d’Aurélie a quelque peu un sens dans l’histoire entre Julien et Sophie. « Faut que j’y aille, c’est… c’est ma sœur. - Pauvre mec ! - Plus fort, j’entends pas ! ». En fait, comme Julien le dit plus tard, il est incapable de dire à Sophie qu’il l’aime, car, tout simplement, le jeu rend sourd, il rend infranchissable la frontière entre le monde de l’enfance et l’amour : « Nan, mais j’vous demande, ce serait pas plus simple d’aller la prendre dans tes bras, de lui parler tout bas, de lui dire des mots d’amour. Des mots de tous les jours. Et dès que tu l’aperçois, alors tu sens en toi ton cœur qui bat.  Eh, c’est à toi que je parle, tu m’entends ? Mais bien sûr que tu m’entends, c’est justement ça qui t’ennuie ! ». Dire à Sophie son amour l’ennuie.

 

 

Julien a réellement la passion du jeu. Pour lui, le bonheur ne se résout pas au cliché que l’on se fait tous de la vie, « le bonheur fade de la naissance », c’est-à-dire : « L'amour, la famille, le boulot, l'antenne parabolique. » Il s’agit là que de « la panoplie du parfait tyran dont [il] avait rêvé toute [son] enfance. ». Non, le bonheur c’est le jeu (« Les jeux, le piment de mon existence. »). Pendant ces 10 années sans jeux, sans Sophie, Julien était resté « en apnée. » « Je me sentais comme un chien qui a pissé sur la moquette et qui attend que son maître se rende compte pour recevoir sa raclée. Et un certain lundi soir, la raclée est tombée. Ca m’a fait un bien fou. ». Lorsqu’il retrouve finalement Sophie, qu’il joue à une course poursuite avec la police, il se retrouve heureux. « Du bonheur à l'état pur, brut, natif, volcanique, quel pied ! C'était mieux que tout, mieux que la drogue, mieux que l'héro, mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pét', ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy. Mieux que le sexe, mieux que la fellation, soixante-neuf, partouze, masturbation, tantrisme, kama-sutra, brouette thaïlandaise. Mieux que le Nutella au beurre de cacahuète et le milk-shake banane. Mieux que toutes les trilogies de George Lucas, l'intégrale

des muppets-show, la fin de 2001. Mieux que le déhanché d'Emma Peel, Marilyn, la schtroumpfette, Lara Croft, Naomi Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford. Mieux que la face B d'Abbey Road, les CD d'Hendrix, le nouveau p'tit pas de Neil Armstrong sur la lune. Le space-mountain, la ronde du Père-Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du dalaï-lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de testostérone de Schwarzy, le collagène dans les lèvres de Pamela Anderson. Mieux que Woodstock et les rave-party les plus orgasmiques. Mieux que la défonce de Sade, Rimbaud, Morisson et Castaneda. Mieux que la liberté. Mieux que la vie… » Le jeu, c’est mieux que la vie. C’est d’ailleurs pour ça que Julien et Sophie vont jouer jusqu’au bout… jusqu’à la mort. Car ils préfèrent le jeu à la vie.

 

En plus, le film lui-même est construit comme un jeu : il présente 4 manches comme dans les rounds : la Manche, la Revanche, la Belle, la Der des Ders

 



L’importance de chaque promesse et de chaque pari

 

Dès le début de leur amitié, dès 10 ans, Sophie refuse que Julien vienne chez elle, tant elle n’est pas fière de vivre dans un HLM. « Nan ! Jamais, tu viendras jamais chez moi, promets le ! - Pourquoi, ce serait vachement… - Promets le ! - Bon, d’accord. » Finalement, adolescent, Julien débarque chez elle pour venir s’excuser de ses torts et Sophie se fâche : « Qu’est-ce que tu fous là ? J’t’avais dit de ne jamais rentrer ici. T’es content, t’as vu ! T’as amené les cacahuètes, j’espère ! Tu m’avais promis que c’était un pari. ». Il s’agit donc d’une promesse datée de longue date qui lui tient réellement à cœur. Lorsque Julien lui propose de partir avec lui, elle a l’impression qu’il a pitié d’elle, pitié de l’état de l’endroit où elle vit : « Et on se barre pour quoi ? Ta chambre d’ado à son Papa ? Arrête de te prendre pour le prince charmant ! J’ai pas besoin de ta pitié, barre toi tout seul ! ».


 

Les dialogues sont parfois bien ficelés…de telle sorte à ce que Sophie, et nous-même, soient induits en erreur. Extraits : « Me parler de quoi ? - De moi. - De toi ? Mais t’as jamais parlé d’autre chose que de toi. - Bah disons de… de mon cœur. Sophie, j’suis amoureux. - T’es amoureux ? Comme ça ? - Non, pas comme ça. Ca fait des années. Des années de silence. J’voudrais me marier. T’es d’accord ? - Tu me demandes quoi là ? Si j’suis cap ? Tu te souviens quand on était gosse au mariage de ma sœur : je t’avais demandé de dire non si tu te mariais. Tu m’avais dit cap. - Aujourd’hui, tu dis quoi ? - Tu… Tu veux vraiment te marier ? - J’ai besoin de toi pour ça. - Ah ! Ca c’est sûr, se marier,

ça se fait pas tout seul. - J’te les confie, tu les garde jusqu’au jour de la cérémonie. - Ecoute, c’est… - T’es d’accord ? T’es d’accord. Elle est d’accord. Elle est d’accord. Tu vas être mon témoin à mon mariage. Merci Sophie. Je vais te présenter ma fiancée : elle s’appelle Christel, jolie, non ? ». Julien ici tient son pari, daté de déjà quelques années, lancé par Sophie : « T’essaies de me faire mal. Sois ridicule Julien, t’en n’es même pas cap. ». C’est ainsi que lors de l’annonce de son mariage à Sophie, Julien lui lance : « Tu te souviens de ce jour là où tu m’as dit que je serais jamais cap de te faire du mal… Cap ! ».

Ou encore, lorsque Sophie se rend à la bibliothèque pour revoir Julien après quelques mois sans l'avoir vu : elle s'entraîne devant un inconnu sur le discours qu'elle va tenir devant Julien... On n'apprend qu'à la fin de cette scène que la personne qu'elle a en face d'elle n'est pas Julien.

 

 

Un amour omniprésent

 

Tout au long du film, chacun des personnages ont des paroles, des gestes qui montrent bien implicitement ou explicitement que tous deux s’aiment.

·  Cela commence lorsque, enfants, lors du mariage de la sœur de Sophie, ils étaient sur le point de s’embrasser ; Sophie alors interrompt ce moment : « C’est tellement plus simple d’être amis… ».

·  Lors de l’enterrement de la mère de Julien, Sophie fredonne alors l’air de « La vie en rose », ce qu’il montre qu’elle l’aime.

·  Plus tard, Sophie se montre jalouse quand elle voit Julien draguer Aurélie, lors de son examen oral. En parlant d’Aurélie, Julien fait remarquer à Sophie : « Ben j’aime pas les blondes. » ; en effet, sa dulcinée est brune.

·  Ils se lancent alors des défis sur Igor, le professeur de gym, avec qui Sophie a « déjà couché » ; Julien est alors curieux : « Et il te plaît, ce yéti ? - En deuxième choix, oui ! - Comment ça en deuxième choix ? Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est qui le premier choix ? »… eh bien, le premier choix, c’est toi Julien !

·  Ensuite, tout devient un peu plus explicite : Sophie lui demande de l’embrasser, de l’aimer… Julien lui demande de s’en aller, tous les deux, ensemble…

·  Lorsque Sophie revient voir Julien quelques mois plus tard à la bibliothèque, qu’elle s’exerce dans le discours qu’elle va lui faire, on comprend bien son amour : « Dis moi que tu m’aimes. Dis moi juste que tu m’aimes, parce que moi j’oserais jamais te le dire la première, j’aurais trop peur que tu crois que c’est un jeu. ».

·  La scène d’après, Sophie monte dans le bus alors que Julien hésite longuement à lui dire son amour, et finalement, lorsque le bus démarre, il y court après et crie : « Sophie ! Sophie, je t’aime ! Je t’aime ! Descends ! ».

·  « Sophie, j’suis amoureux. - T’es amoureux ? Comme ça ? - Non, pas comme ça. Ca fait des années. Des années de silence. J’voudrais me marier. T’es d’accord ? » : ici Julien parle bien de Sophie lorsqu’il dit qu’il est amoureux (car « ça fait des années »)… mais il le dit indirectement.

·  Sophie n’accepte pas que Julien se marie avec une autre : « Julien est engagé avec une autre femme, nous sommes unis. »

·  Lorsque nos deux héros se retrouvent sous la pluie, devant l’hôpital, Sophie lui demande : « Dis le, j’t’en prie ! ». Lui dire qu’il l’aime bien sûr. Incapable de dire ces simples mots, Julien se met à chanter la Vie en Rose, leur chanson favorite.

·  « Tu sais, y a 2-3 trucs que tu m’as jamais demandé et que je regrette. J’aurais été cap. – Genre ? - Manger des fourmis, insulter les chômeurs qui sortent de l’ANPE, t’aimer comme un fou !»

·  C’est finalement, vieux, au paradis, que Julien dira finalement à Sophie « Je t’aime » en l’embrassant. Des mots qui émeut Sophie plus que tout. Ce qui sont d’ailleurs les dernières paroles du film

 

Les robes de Sophie

 

Certains détails du film ont même leur importance. Les robes que porte Sophie par exemple. « T’aimes ma robe ? J’ai hésité, hein. J’l’ai chippée à ma sœur, y en avait une autre rouge… Genre bombe carbone-nucléaire, tu vois. Je sais que c’est celle là que j’aurais dû mettre. » (lorsque Sophie récite le discours qu'elle avait préparé pour Julien devant un étranger) Eh bien, cette robe rouge, justement dont parle Sophie ici à la vingtaine, elle la portera plus tard, lorsqu’elle reverra Julien au bout de 10 ans… c’est d’ailleurs la même robe que Marion Cotillard porte sur l’affiche du film. Ou sinon, la robe que Sophie porte ce jour là, à la bibliothèque, lorsqu'elle répètait son discours, elle sera portée 4 ans plus tard, par la fiancée de Julien : « Et elle porte la même robe que toi il y a 4 ans. C’est moi qui l’ai lui offerte. Tu te souviens de ce jour là où tu m’as dit que je serais jamais cap de te faire du mal… »

 

La Vie en Rose

 

La Vie en Rose est la chanson du film, chanson romantique et naïve. On l’entends en musique de fond, mais également dans les paroles des personnages : « Quel imbécile ! Mais regardez le cet imbécile sur son banc, prétextant qu’il fait la grimace parce qu’il crache ses poumons ! Mais que des prétextes. Nan, mais j’vous demande, ce serait pas plus simple d’aller la prendre dans tes bras, de lui parler tout bas, de lui dire des mots d’amour. Des mots de tous les jours. Et dès que tu l’aperçois, alors tu sens en toi ton cœur qui bat. » ou « Dis le, j’t’en prie ! - Quand elle me prend dans ses bras, elle me parle tout bas, je vois la vie en rose, elle me dit des mots d’amour, des mots de tous les jours et ça me fait quelque chose. Le plus ennuyeux dans cette affaire, c’est que je me rappelais plus exactement de toutes les paroles. Mais bon, l’intention y était. »

 

La fin du film


La fin du film est assez spéciale, car on ne sait pas vraiment comment l'interprêter : on les voit vieux, en train de s'amuser, heureux. De plus, ces images de fin sont d'une couleur assez spéciale, donc on peut penser que Sophie et Julien sont au paradis. Mais vous trouverez sur ce site une explication plus précise de la fin du film par le réalisateur, Yann Samuell.


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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 09:13

Voici une petite analyse du film Jeux d'enfants, réalisé par Yann Samuell, avec Guillaume Canet et Marion Cotillard.

Des caractéristiques du film, des thèmes de l'enfance et de l'amour, du temps, des symboliques du film : voilà les thèmes que j'aborderai.

La suite de ce post est plutôt conseillée à ceux qui ont déjà vu le film, qui pourront ainsi comprendre ce à quoi je fais référence. Elle est déconseillée aux autres personnes, surtout que cela fera perdre la magie du film. (Attention aux spoilers !)

 

Vous pouvez également lire mes autres articles sur le film :
la fiche du film et les répliques cultes
les explications des subtilités du film

le script du film (1) (2) (3)

 

 

 

Jeux d’enfants conte l’histoire d’un amour compliquée et romantique, liée à un jeu pervers et destructeur.

Quelques caractéristiques du film

 

Beaucoup de poésie : « J'ai erré dans ma vie comme quand on erre dans une tragédie de Racine. Hermione version mec. Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ? Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ? Ah ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais. Sophie m'a assassiné. Trucidé. Egorgé. Baisé. Enculé. Et tant d'autres rimes tarées. Et puis j'ai fini par y penser à l'imparfait. » (en référence à Andromaque de Racine) ou « L’or de tes cheveux s’y reflètent, et l’organe semble si disgracieux au regard de tes seins, abandonne ton esclave transi la contemplation de tes boucles… » (lorsque Julien essaie de séduire Aurélie Miller pour avoir ses boucles d’oreille)



Un côté fantastique, une féerie à la Mary Poppins, un aspect mythique où tout surdimensionné : ils sont dans leur monde sans être conscient de ce qui les entoure.
Tout ceci permet d’adapter à une comédie le processus de la tragédie antique où les personnages sont prisonniers de leur destin. Il s’agit alors en quelque sorte d’un conte, avec cette dimension décalée et surréaliste du film.

 

 

Le film est constitué d’un univers visuel très fort :
Tout ce qui concerne les images visuelles du film : 

Les accélérés : lorsque Julien fait le bilan de sa vie à 35 ans : « Je vous présente ma vie vers 35 ans : j’avais tout. 1 femme, 2 enfants, 3 potes, 4 cartes de crédit, 5 semaines de vacances, 6 ans dans la même boîte, 7 fois mon poids en matériel Hi-Fi, 8 coïts conjugaux par trimestre, 9 fois le tour de la Terre en emballage plastique, couvercles de polystyrène et d’autres packaging alimentaires non dégradables, et 10 ans sans voir mon père. »

La caméra qui vole : les plans lorsque Julien et Sophie, encore enfant, sont punis par leur directeur : « Séparez les ! Séparez les Mademoiselle ! - Nous séparer. Ils n'ont jamais été caps d’y arriver. »

La charte des couleurs : l’enfance de Julien et Sophie est marquée par des images très colorées, comme un souvenir qu’on peut garder de sa propre enfance. Après, la ville passe d’une dimension familiale à une dimension surhumaine : adultes, l’image a un coté épuré, design, zen. Mais on a également un aspect un peu grisatre à la fin de la période adulte quand les emmerdes et les responsabilités s’accumulent. On met en valeur les sentiments des personnages dans une sorte d’économie visuelle.

 

Les effets spéciaux : lorsque le train arrive alors que Sophie est attachée sur les rails « C’est quoi ça ? Julien ? Julien, j’peux bouger ? Julien, dis moi stop, déconne pas ! », ou lorsque, à la fin du film, Julien et Sophie disparaissent dans le béton ensemble.


Un univers graphique : la scène où, encore enfant, Julien rêve qu’il est avec Sophie dans le jardin d’Eden avec le directeur de l’école, ou encore la scène où Julien enfant "vole"… un décor très coloré et très théâtrale. 



L’enfance et l’amour


C’est un film symbolique, où deux personnes ont beaucoup de difficultés à se dire qu’ils sont amoureux. Ils ont peur de construire quelque chose qui les conduirait à une vie normale, ils préfèrent donc détruire leur histoire d’amour en s’obligeant à relever des défis insensés. Ils détruisent leur histoire par peur de ne pas la construire. Finalement, elle se termine dans une espèce d’apothéose où l’amour et la mort se mêlent. Le but de Julien et de Sophie est d’être heureux ensemble pour toujours et ils le sont même dans la mort. A la fin, ils réussissent à vivre leur amour d’une manière définitive et ascensionnelle.

 

Par les défis lancés à tout moment de leur vie, enfant ou adulte, on a le sentiment que les personnages se trouvent « emprisonner » dans une bulle, qu’ils s’enferment dans une enfance éternelle. Il y a un certain refus du monde adulte. Mais les personnages ne restent pas enfants à jamais. Ils assument leur vie. Ce qu’ils vivent en tant qu’enfants est la même chose que ce qu’ils vivent en tant qu’adultes. On pourrait même passer de la dernière scène où ils sont enfants, à la dernière scène où ils sont adultes, tout le reste n’est que circonvolutions amoureuses…

 

 

Il est, de la même façon, accordé une grande importance à l’enfance des personnages, notamment en matière du temps de leur apparition. En effet, les acteurs jouant Julien et Sophie enfants sont présent dans près du tiers du film, c’est-à-dire 30 minutes, alors qu’habituellement, dans les films, l’enfance des personnages est passée en vrac en 4 ou 5 minutes. Mais également, cette période de la vie des personnages est d'autant plus importante que les images du film sont d'une couleur "jaunifiée", comme pour différencier l'enfance à la période d'adulte.

 

Le temps

 

D’ailleurs, il y a toute une continuité dans l’intrigue. Le temps est mesurable.

On peut donc comprendre que tout au début du film, Julien et Sophie n’ont que 10 ans lorsqu’ils se lient d’amitié.

Ensuite 20 ans lorsqu’ils passent à la vie d’adulte où « les choses sérieuses ont commencé », car on peut comprendre par les répliques d’Aurélie Miller, qu’ils sont à la fac (« Bon bah dégage ! Je hurle et toute la fac déboule »)… les défis s’enchaînent et les mois passent…


Vient ensuite le temps d’une rupture de quelques mois, où Sophie a eu du mal à pardonner à Julien du fait qu’il avait pris leur premier baiser comme un pari. Elle revient alors lui parler (21 ans), mais Julien est trop occupé dans ses révisions… Ils se donnent alors rendez-vous dans un an (« On se revoit dans un an. »).

Finalement, c’est quatre plus tard (« Elle porte la même robe que j’portais la dernière fois qu’on s’est vu. C’était y a combien… 4 ans ? »), à 25 ans, qu’ils se retrouvent : Julien invite Sophie au restaurant pour lui annoncer son mariage avec Christel.

Julien et Sophie coupent les ponts pendant 10 ans… Et finalement 10 longues années plus tard, ils se retrouvent enfin !

Cette mesure du temps peut également être faite – aussi drôle soit-elle – par la coupe de cheveux de Sophie : elle donne une image du personnage dans toute son évolution, tout au long de sa vie, de l’age de 10 ans à l’age adulte. En effet, Marion Cotillard, pour jouer l’étudiante de la vingtaine, a une frange et de longs cheveux. Ensuite, à 21 ans, finit la frange, bonjour les cheveux longs. A 25 ans, elle a les cheveux mi-long, souvent attachés. Enfin, à 35 ans, elle a belle coupe carrée, qui lui va magnifiquement.

 

Les symboliques du film

 

Chaque scène est "la" scène du film. Chaque scène est importante, a un sens entier dans le film. D’ailleurs, on remarque bien cette caractéristique tout à la fin du film, lorsqu’on voit défiler toutes les scènes qui remontent de l’age adulte à l’enfance des personnages, où l’on voit finalement Julien et Sophie s’embrasser.

 

 

Les différents « Caps ou pas cap ? »

- pour Julien : « Tu la donnes et tu la reprends. Si tu la veux vraiment, prouve le moi. » : Julien fait partir le bus rempli d’écoliers, en appuyant sur la pédale.
- pour Sophie : « Il te tapera pas Julien. Cap ! Tapez pas, vous avez pas le droit, arrêtez ! » : le père de Julien veut le punir d’avoir fait partir le bus.
- pour Julien : « 8 fois 7 ! 9 fois 7 ! 3 fois 7 ! - 21. » : Julien vient en bas de chez Sophie pour lui faire réciter ses tables de multiplication.
- pour Sophie : « B comme bite. B comme brouter, brouter la moquette. Bordel aussi, braguette, bistouquette » « Barre toi si tu veux. Boudin baveux. Barre toi boudin baveux. » : Sophie se montre grossière envers son institutrice.
- pour Julien : « C’est un super jeu ! Le problème, c’est qu’il fait vraiment rire personne. » : Julien pisse dans le bureau du directeur.
(- pour Julien : « En tout cas, si moi j’me marie un jour… - Tu diras non au curé, cap ou pas cap ? - Cap bien sûr ! » : Julien, encore enfant, relève le défi de dire non le jour de son mariage. Ce que Sophie retient, et rappellera à Julien lorsqu’il voudra se marier)
- pour Julien puis Sophie : « Bon, cap ou pas cap ? - Caaap ! - Mouais ! - Hmm, quoi « mouais » ? - C’est juste à cause de ça que les hommes sont mieux payés que les femmes ? », « A mon tour ! Montre moi ta zizette ! - C’est pas du jeu ! C’était MON gage ! T’as pas le droit de copier ! - Cap ou pas cap ? - Cap. - C’est tout ? Mais on voit rien du tout ! » : Julien et Sophie jouent à se montrer leur « zizette »
- pour Julien : « Tire la nappe ! » : Au mariage de la sœur de Sophie, Julien tire la nappe de la table en dessous de laquelle ils étaient cachés.
- pour Julien : « C’est sûr. J’suis juste bonne à jouer. Ok, la prochaine à cloche pied, cap ou pas cap ? » : à l’hôpital, Sophie vient voir Julien dont la mère est mourante, et le fait jouer pour montrer qu’elle-même ne sait rien faire d’autre.
- pour Sophie : « Et si, ce matin… Ce matin, Sophie va mettre le soutif… » : devenus ados, Julien demande à Sophie de se mettre en soutif lors de son examen oral de mathématiques.
- pour Julien : « T’aurais tort de t’en priver. Au passage, tu me ramèneras ses boucles d’oreille, cap ? » : Sophie demande à Julien de ramener les boucles d’oreille immondes d’Aurélie Miller, celle que Julien draguait lors du passage oral de Sophie.
- pour Sophie puis Julien : « T’oublies ton Igor là, le prof de gym. Celui qui a un tour de biceps plus grand que son périmètre crânien, hein ? », « A ton tour ! A ton tour, grouille ! - Igor, calme toi ! Tu connais les paris stupides, genre… euh… Blaise Pascal ? Il a peur de ne connaître. Wah ! » : Sophie et Julien s’amusent à frapper Igor, un professeur de sport.
- pour Sophie : « Va lui filer un coup de pied dans les couilles. » : et ça continue avec le pauvre Igor…
- pour Julien : « Embrasse moi, cap » : après avoir essayé de reprendre la boîte de manège, Sophie se rapproche physiquement de Julien et a une envie de l’embrasser... elle lui lance alors le défi de le faire.
- pour Sophie : « Sophie, pardonne moi ! » : Sophie ne pardonne pas Julien d’avoir pris ses paroles à la légère lorsqu’elle lui demandait de l’aimer ; Julien lui demande alors de lui pardonner.
- pour Julien : « Allez, réussis ton concours ! Cap ou pas cap ? - J’suis désolé. » : à la bibliothèque, Julien révise un concours de fin d’année ; Sophie demande alors de le réussir.
- pour Sophie : « Profite en, t’es dans un bibliothèque. Y a pas mieux pour réviser. Cap ? » : Julien lance à Sophie le pari d’ « étudier l’homme » dans la bibliothèque même.
- pour Julien : « T’essaies de me faire mal. Sois ridicule Julien, t’en n’es même pas cap » : Julien donne un préservatif à Sophie en lui demandant d’être prudente, ce qui la blesse alors ; elle lui dit donc qu’il n’est pas capable de réellement lui faire mal.
« Tu te souviens de ce jour là où tu m’as dit que je serais jamais cap de te faire du mal… Cap ! Cadeau ! Comme ça, on est quitte ! » : après 4 ans sans nouvelles, Julien revoit Sophie et lui annonce qu’il se marie… avec une autre. Il la blesse alors profondément.

- pour Sophie : Elle relève le défi de rester debout, sur les rails d’un train, les yeux bandés, pour se faire « pardonner » de ce qu’elle a fait au mariage de Julien.
- pour Julien : « On se revoit pas pendant 10 ans. Cap.» : alors que le train arrive, Julien ne lui en informe pas, tant il est en colère contre Sophie d’avoir gâché la cérémonie du mariage… Sophie en veut alors à Julien de ne pas lui avoir dit de s’en aller des rails.
- pour Julien : « Non, c’est trop facile. Tu la mérites pas. Viens ! Viens la chercher ! Me lâche pas, cap ou pas cap ? Cap ou pas cap ? » : après avoir reçu un bon coup de « poing dans la gueule », Julien reste inconscient ; Sophie lui demande alors de se réveiller.


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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 11:00

Un film touchant, à voir et à revoir sans modération. Mais surtout à revoir pour en comprendre les subtilités.

 


La fiche du film

 

undefinedJeux d'enfants est un film français réalisé par Yann Samuell, sorti en salle le 17 septembre 2003. Une comédie romantique très touchante, d'une durée de 1h33.

 

undefinedCe sont le beau et talentueux Guillaume Canet et la très jolie Marion Cotillard (Big Fish, Taxi, Un long dimanche de fiançailles, Ma Vie en l’air) qui jouent les rôles principaux de Julien Janvier et Sophie Kowalsky – un magnifique casting. Ces deux personnages tissent une forte amitié dès leur plus tendre enfance, en jouant à un jeu qu’ils aiment tout particulièrement, un jeu à eux, celui est de se lancer des défis. Le jeu du « Cap ou pas cap ? ». Un jeu d'enfants qui va se poursuivre tout au long du film, jusqu’au moment où l’amour va faire « irruption » dans leur petit jeu.

 

Distribué dans le monde entier

 

Ce thème d’un jeu qui dure éternellement explique tout simplement le titre original du film.
Jeux d'enfants a été distribué dans près de 20 pays : Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Pologne, Norvège, Turquie, Etats-Unis, Canada, Japon, Mexique, Russie, Ukraine,… Ainsi, le titre du film a connu de nombreuses variantes :
- aux Etats-Unis et Canada : Love me if you dare (« Aime moi si tu oses »)
Affiche-anglaise.jpg
- en Allemagne : Liebe mich, wenn du dich traust (« Aime moi si tu me fais confiance »)
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- en Espagne : Quiéreme si te atreves (« Aime moi si tu oses »)
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- en Italie : Amami se hai coraggio (« Aime moi si tu as le courage »)
Affiche-italienne.jpg
- au Portugal : Amor ou Consequência (« Amour ou conséquence »)
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- en Norvège : Elsk meg om du tør
Affiche-norv.jpg
- en Pologne :
Miłość na żądanie
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- en Turquie :
Cesaretin var mı Aşka?

Affiche-turque.jpg
- au Mexique : Atrévete a amar
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Des titres qui rendent explicite le thème de l’amour, l’aspect romantique du film. Genre de film auquel est souvent associé le cinéma français à l’étranger. The typical Frenchie film.

 

En chiffres, ce film a démarré en France avec 341 667 entrées dès la 1ere semaine, et près d'un million en 5 semaines.

 

Répliques « cultes »

Voici quelques répliques, parfois drôles, qui m'ont beaucoup plues :
-
Il y a un jeu auquel il ne faut jamais jouer – je dis bien jamais, même si c’est votre meilleure amie qui vous le propose. C’est de se faire ensevelir dans un bloc de béton.

- J’ai mal comme personne d’autres sur Terre, sur Mars et même sur Altaïr 4
- La discipline est la mère du respect. Et sans respect, c’est la fin de la civilisation. La voyoucratie, quoi ! Et tout cela grâce à qui ? Mais à Mademoiselle Kowalsky ! Et à Monsieur Janvier ! Hein ?
- Les amis c'est comme les lunettes, ça donne l'air intelligent, ça se raye facilement et puis... Ca fatigue... Heureusement, des fois, on tombe sur des lunettes vraiment cool !... Moi, j'avais Sophie
- J’aimerais être un flanc. Un flanc aux abricots. Nature, tiens. Un peu tiède dans une boulangerie, en vitrine.
- Tu dors ? - Officiellement, oui. - Les rumeurs disent que tu fais semblant. - Oui, j’ai lu ça dans Paris Match, juste des ragots. J’vais dormir un peu.
- Ce n’est qu’une affaire de goût. Comme la bouffe chinoise. On aime ou on n’aime pas. N’empêche que… quand on est Chinois, on n’a pas le choix.
- Donner un sens à ma vie ? Ca aurait été comme de jouer la 5e de Beethov, avec comme tout orchestre des ongles sur un tableau.
- Je me sentais comme un chien qui a pissé sur la moquette et qui attend que son maître se rende compte pour recevoir sa raclée. Et un certain lundi soir, la raclée est tombée. Ca m’a fait un bien fou.
- Et là, ça était le pire. Plus rien, plus rien pendant 10 ans, plus rien pendant 3652 jours et 3653 nuits. Fini le jeu, les jeux, le piment de mon existence. J'ai erré dans ma vie comme quand on erre dans une tragédie de Racine. Hermione version mec. Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ? Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ? Ah ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais. Sophie m'a assassiné. Trucidé. Egorgé. Baisé. Enculé. Et tant d'autres rimes tarées. Et puis j'ai fini par y penser à l'imparfait. Me résoudre au bonheur fade de ma naissance. L'amour, la famille, le boulot, l'antenne parabolique. Du Racine j'vous dis. 
undefined- Y a d'autres trucs que tu m'as jamais demandé et j'aurais été cap ! Manger des fourmis, insulter les chômeurs qui sortent de l'anpe ... t'aimer comme un fou ! 
-
Pour gagner ce jeu, il faut une jolie boîte, une jolie copine, et le reste, on s’en fout. 
-
C’est comme ça qu’on a gagné la partie. Ensemble. Heureux. Et là, au fond du béton, on a enfin partagé notre rêve d’enfant : le rêve d’un amour sans fin… 
-
Un orange pour toi, un orange pour moi. Tu aimes les bleus ? Parce qu’il y en n’a qu’un. Je te donne le bleu, comme tu es gentil. Et je te prends un violet. D’accord

 

 

Pour plus de répliques, vous pouvez également lire les articles
Jeux d'enfants : analyse du film

Jeux d'enfants : explications sur les subtilités du film


Le script du film est disponible.
Jeux d'enfants : script du film (1) (2) (3)
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