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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 09:15
Script entier : (1) - (2) - (3)

 

 


Script de Jeux d'enfants

Partie 2

 


Et oui, un matin, les choses sérieuses ont commencé.

( Dring)

- Oh merde de merde !

- Il est quelle heure ?

- L’heure de mon exam !

- Exam de quoi ?

- De maths.

- Tu l’auras pas. J’t’ai dit que je supportais pas ça !

- Oh ! Mais t’es con, ça va pas non ? Oh, mais t’es malade !

- Julien, julien ! C’est quoi tout ce bruit ? Julien ! Julien, ouvre !

- Merde, merde, merde !

- Julien, ouvre ! Tu ouvres, sinon j’entre. Julien !

 

- Rends moi ça !

- Cap ou pas cap ?

- Oh non, pas ce matin ! Pas ce matin, j’ai déjà assez les boules comme ça.

- Et si, ce matin… Ce matin, Sophie va mettre le soutif…

 

* * * * *

 

- Mademoiselle Kawalsky !

- Kowalsky ! Sophie, Kowalsky !

La règle du jeu était demeurée inchangée. Mais ce qu’on pouvait appeler taquinerie lorsque nous étions gamins devait à présent s’appeler perversion. Vous savez ce qu’est la perversion ? Ce n’est qu’une affaire de goût. Comme la bouffe chinoise. On aime ou on n’aime pas. N’empêche que… quand on est Chinois, on n’a pas le choix.

- Moi c’est Julien.

- Et moi c’est Va-te-faire-mettre

Donner un sens à ma vie ? Ca aurait été comme de jouer la 5e de Beethov, avec comme tout orchestre des ongles sur un tableau.

- Mademoiselle Kawalsky…

- Fonction vectorielle ? Alors… V1 par V2 est égal au produit de leurs deux modules multiplié par le cosinus de l’angle que forment les deux cordes.

- Hmm… Tu m’as l’air calé en fonction vectorielle. Dis moi si je me trompe…

- Mademoiselle Kawalsky…

- Ton vecteur est défini par une origine ? Mais surtout une grandeur orientée dans un espace vectoriel…

- Certains espaces vectoriels sont plus attirants que d’autres.

- Tu crois que tu pourras approfondir la théorie avec moi ?

- Cette loi est exponentielle.

- Tu révises tout seul d’habitude ?

- Hmm…

- On t’a jamais dit que ça rend sourd ?

- La solution de la sous-fonction delta s’il vous plaît, Mademoiselle Kawalsky.

- Kowalsky ! Euh… - 3M² - 2M + 1

- Mademoiselle Kawalsky… Mademoiselle, revenez, je vous ai pas autorisé à quitter cette classe !

- Euh, f(x) a deux racines distinctes si M est compris entre -1 et 1/3.

- Faut que j’y aille, c’est… c’est ma sœur.

- Pauvre mec !

- Plus fort, j’entends pas ! … Ca a marché, non ? J’l’ai fait quand même ! Oh, fais pas cette gueule !

- T’as fait quoi au juste ? A part léchouiller une gonzesse ?

- T’as… t’as rien compris ou quoi ? L’examinatrice a pas le bon nom ! J’ai grugé les listes, elle croit que tu t’appelles Sophie Kawalsky.

- Ah, bien joué Einstein ! C’est les résultats, pas les listes d’appel qu’il faut gruger ! Mademoiselle Kowalsky, ça fait quand même zéro !

- Arrête, c’était drôle, non ?

- Oui, c’était super drôle ! Et j’ai passé 20 minutes devant un peloton d’exécution rivé sur mon soutif. Après tout, qu’est-ce que t’en avais à foutre, t’avais mieux à faire. Tiens, ton susucre !

- Arrête, je la connais pas cette nana ! C’est juste pour passer le temps ! En plus, elle est nulle en maths !

- Aurélie Miller, une vraie tâche ! Elle a que deux choses pour elle : primo, elle a couché avec Igor, le prof de gym. Et deuxio, elle a les boucles d’oreille du délire. Voilà, tu la connais sous son meilleur jour !

- T’es jalouse !

- Moi ?

- Oui, toi !

- Mais paie toi les poufiasse que tu veux, je m’en tape ! J’essaie juste de réussir mon oral malgré ça !

- Ca alors, t’es jalouse !

- Tu me lâches avec ça ! Maintenant, si tu veux mon avis sur Aurélie Miller, vas y, je te donne ma bénédiction. Il parait que c’est un coup d’enfer, il y a que la furie du bois Jolie qui est pas passé entre ses jambes.

- Oh, arrête Sophie !

- Ah non, j’te jure, hein ! T’aurais tort de t’en priver. Au passage, tu me ramèneras ses boucles d’oreille, cap ?

 

* * * * *

 

- Mademoiselle… Miller ? Aurélie Miller…

 

- T’as un copain ?

- Euh, oui.

- Ben t’en as deux maintenant.

- Et toi ? T’as sœur, c’est vraiment ta sœur ?

- C’est elle qui m’envoie.

- Bon bah dégage ! Je hurle et toute la fac déboule.

- Nan mais… Ouvre ! Eh !

- C’est pour quoi ?

- C’est ok chez toi.

- J’dirai un coup de chiotte. C’est pour ça que tu me plais.

 

- Miller… Aurélie. Toujours pas ?

 

- Nan, ‘tends ‘tends ‘tends !

- Nan nan, il faut que j’y aille.

- Quand est-ce qu’on se revoit ?

- Euh, au troisième trimestre, pour les partiels.

- Non attends Aurélie, je t'en supplie. Donne-moi tes boucles d'oreilles. L'or de tes cheveux s'y reflète et l'organe semble si disgracieux au regard de tes seins. Abandonne ton esclave transi à la contemplation de tes boucles.

- Écoute t'es taré. T'es vraiment dingue, mais t'es gentil tu me laisses hein. On les a révisé nos fonctions vectorielles. On va pas s'atteler aux linéaires hein, ça nous ressemble pas...

- Tu crois au coup de foudre ?

- Bah ouais.

- Naïve !

 

- Aurélie Miller… Recalée.

 

* * * * *

 

- Ca te dérange si c’est déduit de ma paye ? Alors… ?

- Ben j’aime pas les blondes.

- Tu l’as fait, t’es vraiment un salaud, hein !

- Un tyran !

- Et voilà ! Comme ça Aurélie Miller n’a vraiment plus rien pour elle !

- T’oublies ton Igor là, le prof de gym. Celui qui a un tour de biceps plus grand que son périmètre crânien, hein ?

- J’ai déjà couché avec lui.

 

* * * * *

 

- Il fait combien exactement de tour de bras ?

- Autant que ton QI.

- Et il te plaît, ce yéti ?

- En deuxième choix, oui !

- Comment ça en deuxième choix ? Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est qui le premier choix ?

- A ton tour ! A ton tour, grouille !

- Igor, calme toi ! Tu connais les paris stupides, genre… euh… Blaise Pascal ? Il a peur de ne connaître. Wah !

- Tous tarrés !

- Hein Igor, ah !

 

- Bon, on passe à autre chose ?

- Va lui filer un coup de pied dans les couilles.

 

* * * * *

 

- Dis que tu regrettes !

- Oh ça va, c’était marrant !

- Dis que tu regrettes !

- Ben si t’étais pas cap, fallait pas y aller, hein !

- Regarde moi bien, abruti ! Si j’suis dans cet état, c’est que j’suis cap de tout, moi. Alors maintenant tu t’excuses.

- Tu peux toujours te gratter. Il te reste toujours un bras pour le faire.

- Enfoiré, donne moi la boîte… Embrasse moi, cap ?

- Cap !

- J’ai dit : embrasse moi !

- Ca va pas, non ? Vous êtes complètement fous ! Descendez, de ma bagnole ! Descendez, j’vous dis ! Mais ils sont malades ceux-là ! Vous m’entendez, oui ? Descendez j’vous dis ! Mais enfin, vous allez m’écouter, oui ? Descendez ! Bande de cons ! Connards ! Cons !

- Aime moi.

- Cap.

- C’est un jeu pour toi là ?

- Non, un pari. C’est toi qui l’as lancé.

- Ben si j’l’ai lancé, t’as pas su le rattraper au vol. Pauvre tache, tu vas louper ton bus !

 

* * * * *

 

Et puis, il a bien fallu grandir. Quand on est gosse, on croit naïvement que grandir, ça se fait tout doucement… Des nèfles, ouais ! Ca vient de fouetter ! Rrrouanh ! Comme une branche d’arbre quand quelqu’un passe devant toi dans une forêt. Ou quand ton père te dit :

- C’est fini Julien. C’est fini de jouer. Tu as un concours dans deux mois, un concours. Ne le rate pas, sinon moi j’te raterais pas.

- Bon ça va Papa, écoute, c’est pas si grave… Sois zen !

- ZEN ?!? Petit con, va ! Tu trouves que j’suis pas assez zen comme ça ? Dois-je te rappeler que tes jeux si lumineux ont tué la femme que j’aimais ? Qui, j’te rappelle en passant, était aussi ta mère !

- C’est dégueulasse ! Maman est pas morte à cause de moi !

- Oui, c’est dégueulasse, nous sommes d’accord. C’est dégueulasse un mec pas zen. C’est dégueulasse au point de t’élever tout seul, enfoiré !

- T’es une ordure ! J’l’ai pas tuée !

- Oui, j’suis une ordure ! J’suis un mec cap ! J’suis cap de casser la gueule de son fils ! J’suis pas cap d’accepter que cette graine de polak de Sophie Kowalsky vient de lui empoisonner son fils, au point que tu me parles plus jamais ! Sauf quand ta copine a fait un pari sur mon dos… Choisis ! C’est elle, ou c’est moi ? Alors… cap ? Ou pas cap ?

 

* * * * *

 

- Sophie !

- Salut Julien ! Tu veux voir Sophie ? Elle est pas là.

- Qu’est-ce que tu fous là ? J’t’avais dit de ne jamais rentrer ici. T’es content, t’as vu ! T’as amené les cacahuètes, j’espère ! Tu m’avais promis que c’était un pari.

- J’m’en fous du pari, écoute moi, merde !

- J’m’en fous pas, moi !

- J’plaque tout. J’suis désolé, je savais pas.

- T’es désolé ? C’est vrai, ça change tout.

- Ecoute, viens ! On s’en va. On se barre.

- Et on se barre pour quoi ? Ta chambre d’ado à son Papa ? Arrête de te prendre pour le prince charmant ! J’ai pas besoin de ta pitié, barre toi tout seul !

- Sophie, pardonne moi !

- Barre toi !

- Cap ou pas cap ?

- Barre toi.

(Pleurs)

 

* * * * *

 

Me pardonner. Ca a été sûrement le pari le plus dur que j’ai donné à Sophie. Mais Sophie n’a jamais aimé la facilité, ça lui a pris un foutu temps. Peut-être un chouilla trop. Entre temps, les arguments massus de mon père avaient eu raison de moi.

- Bonjour Monsieur. Julien est là ? S’il vous plaît Monsieur Janvier ! J’viens voir Julien. Ohoh, il est là ? Julien, tu m’entends ?

 

* * * * *

 

- Non non, dis rien, c’est à moi de parler. J’t’ai manqué ? Parce que, toi tu m’as manqué. T’es un vrai tyran, tu sais. C’est tellement dur de te faire la gueule ! Mais… j’t’en veux quand même. Te fais pas d’illusion. J’voudrais qu’on parle, qu’on oublie en jeu. Rien qu’une fois. T’aimes ma robe ? J’ai hésité, hein. J’l’ai chippée à ma sœur, y en avait une autre rouge… Genre bombe carbone-nucléaire, tu vois. Je sais que c’est celle là que j’aurais dû mettre. J’ai peut-être passé… j’sais pas moi… 3h devant mon miroir ! Mais… j’y suis arrivée. Tu vois, j’suis jolie. Et alors là, j’espère que ça te plaît, sinon j’te colle une de ces raclées. Attends, chut, chut. Hmm… J’en étais où ? Le problème, c’est que… même si tu me disais « J’adore », j’te croirais pas. Julien, je sais plus quand tu joues, et quand tu joues pas. J’suis perdue. Attends deux secondes, j’ai pas fini. Dis moi que tu m’aimes. Dis moi juste que tu m’aimes, parce que moi j’oserais jamais te le dire la première, j’aurais trop peur que tu crois que c’est un jeu. Sauve moi, j’t’en prie. Merci.

- Salut.

- Salut. Julien…

- Tu viens réviser ?

- Comme t’as pas idée.

- Pas maintenant, s’il te plaît.

- Quand alors ? Demain ?

- Dans un an. J’suis désolé.

- Lâche moi avec tes « désolé ». Urbanisme… ça te plaît vraiment, alors ? Tu sais que tu parles à une pure spécialiste ? Les HLM c’est mon truc.

- On n’a jamais parlé de l’avenir tous les deux. De nos deux avenirs.

- Nos deux avenirs… Tu vois, spontanément, j’aurais dit « notre avenir ». Faudrait croire que le présent devrait me suffire. J’imagine que… que j’nous voyais continuer comme ça des années. Quelle conne ! Allez, réussis ton concours ! Cap ou pas cap ?

- J’suis désolé.

- J’suis désolé Sophie. C’est bon. Au fait, on avait déjà  parlé de l’avenir. Une fois. On s’était pas trop trompé d’ailleurs : t’apprends à devenir un tyran et moi un flanc !

- Reste !

- Non, je voudrais pas trop te retarder.

- T’arrêtes tes conneries ?

- Va bosser, y a pas de problème ! Moi aussi j’ai pas mal d’examens à passer. J’étudie les hommes.

- Ah, t’as pris socio finalement. Sympa.

- J’ai pas dit les humains, j’ai dit les hommes, les mâles, les mecs. Et j’ai pas mal révisé.

- Profite en, t’es dans un bibliothèque. Y a pas mieux pour réviser. Cap ?

- Cap !

- Arrête, on fait une connerie là. Arrête. Arrête !

- Pourquoi ? C’est juste un pari ! Allez, j’retourne étudier. On se revoit dans un an.

 

- Oui ?

- Euh… Tu sais très bien ce que je veux dire.

- Non, je sais pas. Dis le.

- C’est pas facile.

- Ca peut pas attendre un an ?

- Tiens, sois prudente dans tes études.

- T’essaies de me faire mal. Sois ridicule Julien, t’en n’es même pas cap.

- Tu m’attendras ?

- C’est un gage ?

- Non.

- Tu verras bien alors.

- Sophie ! Sophie, je t’aime ! Je t’aime ! Descends !

Quel imbécile ! Mais regardez le cet imbécile sur son banc, prétextant qu’il fait la grimace parce qu’il crache ses poumons ! Mais que des prétextes. Nan, mais j’vous demande, ce serait pas plus simple d’aller la prendre dans tes bras, de lui parler tout bas, de lui dire des mots d’amour. Des mots de tous les jours. Et dès que tu l’aperçois, alors tu sens en toi ton cœur qui bat. Eh, c’est à toi que je parle, tu m’entends ? Mais bien sûr que tu m’entends, c’est justement ça qui t’ennuie ! Quel sinistre imbécile ! Et le pire, c’est que t’as pas fini de blanchir.

 

* * * * *

 

- Vous désirez ?

- T’as une robe de soirée ?

- J’ai même pas de soirée.

- Bon bah, j’t’offre les deux. J’ai quelque chose de très important à te demander.

- Qu’est-ce que tu prends ?

- Un café…

- Un café, c’est tout.

- On peut parler là ?

- Non. Excuse moi, mais y a des trucs qui ont jamais collé entre nous. Des trucs cons, mais euh… Bah, c’est comme tes pompes, tiens.

- Mes pompes ?

- Bah oui, c’est franchement grotesque. Tes Dog Matin’s là, avec ton plis bien faits au milieu de ton pantalon, ça jure ! J’suis désolée, hein. Ca attire tellement l’œil, j’arrive même pas à t’écouter. Allez, tiens, j’te l’offre, à plus.

- Ben attends, j’vais quand même pas les retirer, non ?

- Hein ? C’est toi qui vois, je croyais que tu voulais qu’on parle. Sinon, lundi je termine à 19h. Repasse plus tard !

- Quoi, je repasse plus tard ?!

- Ah oui, nan, en fait, je prends mon cours de chant après.

- Ah bon ? Tu chantes ?

- Bah oui, tu vois. Ca, c’est pas ma vie, c’est juste un job. Ca correspondait sûrement pas à l’idée du héros qui vient de se sauvait du naufrage, hein. Désolée, mais pendant toutes ces années, j’ai vécu. C’est bizarre, non ?

- Je me faisais aucune idée… Je suis ravi d’apprendre que tu prends des cours de chant. Tu veux devenir chanteuse ?

- Ca, c’est tout toi : la rentabilité avant tout ! Je prends des cours de chant, donc je veux devenir chanteuse. Toi, quand tu files 100 balles en Ethiopie, c’est pour devenir mère Térésa ? Je… Puis merde ! J’avais dit que j’te parlerais pas ! Tu vois, je dis que des conneries là ! C’est tes pompes, ton froc, ça me déconcentre ! Allez, laisse moi bosser.

- Bonjour.

- Bonjour.

- Ca va ?

- Ca va, très bien, et vous ?

- Ca va ! Bon… j’peux t’inviter au resto, maintenant ?

- (Rires) Nan !

- Tu vas où là ?

- Pose moins de questions, t’auras plus de réponses.

- Tu m’as dit que tu finissais à 19h, lundi.

- On est mardi.

- Sophie ! Attends moi !

 

* * * * *

 

- Un embouteillage monstre, on n’a jamais vu ça. Y a un camion qui essaie de faire demi-tour en plein milieu de la route… T’as quelqu’un ?

- Quoi ?

- T’as quelqu’un dans ta vie ?

- Quelqu’un dans mon lit, tu veux dire. Pourquoi tu me demandes ça ?

- Pour rien. Juste une dialectique conflictuelle sur… euh… l’état du cœur.

- Dialectique conflictuelle, hein ? On devait aussi avoir une conversation, non ?

- Alors… t’es amoureuse ? T’es pas obligée de répondre, c’est juste une question.

- J’ai personne dans mon lit si c’est ce que tu veux savoir. Personne que je puisse changer avec les draps. Il est footballeur, il s’appelle Sergueï Nimov Nemovitch. Enfin, s’appelait, je l’ai largué ce matin.

- Comment t’as pu sortir avec mec qui a un nom à coucher dehors ?

- Ben justement, j’avais marre de coucher dehors.

- Depuis ce matin, rien d’autre ?

- A part Sergueï ? Euh, Greg son copain, Jérôme son père. Un François, deux - trois Kévin, le prince de Cendrillon, la troupe de la Guerre des étoiles. Enfin, tu vois, rien de bien sérieux, un cœur à prendre. Dis donc, resto chic, champagne… tu fais bien les choses pour un peu, je croirais même que tu me dragues.

- Ca semblerait si impensable ?

- T’as vu la fille là-bas ? Elle porte la même robe que j’portais la dernière fois qu’on s’est vu. C’était y a combien… 4 ans ?

- J’ai vu.

- Ca lui va pas du tout d’ailleurs. Une vraie potiche. J’avais l’air aussi gourde quand je la portais ?

- Parle pas des gens comme ça, tu la connais pas.

- Ben toi non plus, tu la connais pas, qu’est-ce que ça peut faire ? Qu’est-ce qui t’amènes ? T’as eu ton diplôme, c’est ça ?

- Mon diplôme n’était qu’une affaire platement chronologique. Allez ! A nous, à l’instant présent, et… à ce que je vais te demander. Ca fait des années que j’attends t’en parler.

- Me parler de quoi ?

- De moi.

- De toi ? Mais t’as jamais parlé d’autre chose que de toi.

- Bah disons de… de mon cœur. Sophie, j’suis amoureux.

- T’es amoureux ? Comme ça ?

- Non, pas comme ça. Ca fait des années. Des années de silence. J’voudrais me marier. T’es d’accord ?

- Tu me demandes quoi là ? Si j’suis cap ? Tu te souviens quand on était gosse au mariage de ma sœur : je t’avais demandé de dire non si tu te mariais. Tu m’avais dit cap.

- Aujourd’hui, tu dis quoi ?

- Tu… Tu veux vraiment te marier ?

- J’ai besoin de toi pour ça.

- Ah ! Ca c’est sûr, se marier, ça se fait pas tout seul.

- J’te les confie, tu les garde jusqu’au jour de la cérémonie.

- Ecoute, c’est…

- T’es d’accord ? T’es d’accord. Elle est d’accord. Elle est d’accord. Tu vas être mon témoin à mon mariage. Merci Sophie. Je vais te présenter ma fiancée : elle s’appelle Christel, jolie, non ?

- Nan.

- Et elle porte la même robe que toi il y a 4 ans. C’est moi qui l’ai lui offerte. Tu te souviens de ce jour là où tu m’as dit que je serais jamais cap de te faire du mal… Cap ! Cadeau ! Comme ça, on est quitte !

- Alors, tu nous présentes maintenant ?

- Christel, Sophie. Sophie, Christel. Mon futur, mon passé.

 

* * * * *

 

- Levez vous mes enfants. Vous allez à présent échanger les consentements. Christel, mon enfant, Christel Louise Bouchar, tu as souhaité échanger les consentements dans la maison du Seigneur. Christel, acceptes-tu de prendre pour époux Julien Antoine Janvier, de l’aimer et le chérir jusqu’à ce que la mort vous sépare ?

- Oui, je le veux.

- Et toi, mon garçon, Julien Antoine Janvier,  consentes-tu de prendre comme épouse Christel Louise Bouchar, de l’aimer et la chérir jusqu’à ce que la mort vous sépare ? Julien, réveille toi mon petit, ta promise attend. Consentes-tu à prendre Christel Louise Bouchar…

(Sophie mime un « non »)

- Oui, oui je veux prendre Christel pour épouse.

- Bien. Alors mes enfants, si quelqu’un connaît une raison…

- Moi ! Moi j’m’oppose à ce mariage. Julien est engagé avec une autre femme, nous sommes unis.

- Oh mais elle va pas bientôt nous lâcher celle-là ? Julien ! Tu la fais sortir d’ici !

- Julien, dis leur ! Cap ou pas cap ?

- Vas t’en !

- Julien !

- T’as un vrai problème mon Julien. Ta mère est crevée quand t’étais gosse alors t’as jamais fini ton oedipe, t’as jamais pu la baiser, t’as jamais pu tuer ton père. Voilà 25 ballets en train de commander ta vie, au lieu de la diriger.

- Arrête Papa. Arrête !

- Oui j’arrête ! J’arrête tout ! Regarde moi Julien ! Regarde moi bien : c’est la dernière fois que tu vois ton père. Tu t’es trop foutu de ma gueule. Maintenant c’est fini, fini le jeu, l’humiliation ! Et à partir de cet instant, tu n’existes plus ! Tu es rayé de ma vie.

- Ne l’écoute pas, c’est un mensonge de gamine. Arrête. Arrête, c’est un jeu.


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Published by Inside-the-clouds Webmaster - dans Jeux d'enfants - le film - Love me if you dare
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