Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 09:58

Comme promis, voici ici le script du film avec Marion Cotillard et Guillaume Canet : Jeux d'enfants, avec quelques répliques cultes. Ce script est divisé en 3 parties, puisqu'un article sur over-blog.com ne peut dépasser 64 000 caractères ;-)


Il s'agit du script que j'ai moi-même tapé. Alors, il se peut qu'il y ait quelques petites fautes d'orthographe...


Script entier : (1) - (2) - (3)





Script de Jeux d'enfants

Partie 1

 


J’aime bien les osselets, le monopoly – mais seulement quand j’tiens la banque. J’adore jouer aux billes – je gagne tout l’temps. Le jeu de l’oie, c’est franchement débile. Enfin, toujours moins que les dames, le rubis cube, et toutes ces conneries des pays de l’est. Les devinettes, c’est pas mon truc. Yams, crapette, marelle, c’est ok. Oh, chat perché, ça passe encore, mais ça s’arrête là. Mais il y a un jeu auquel il ne faut jamais jouer – je dis bien JAMAIS, même si c’est votre meilleure amie qui vous le propose. C’est de se faire ensevelir dans un bloc de béton.

 

Ce jeu, il a commencé avec une jolie maison. Et un joli bus sans chauffeur. Une jolie boite et une jolie copine. Non, en vérité, j’me trompe. Le jeu a commencé un petit peu plus tôt. Ca a commencé par un mot dégoûtant, qui veut rien dire du tout. Un mot comme « Métastase ». N’importe quoi ! Pourquoi pas « Mammouth » tant qu’il y est ? En plus, ça fait pleurer Maman. De toute façon, les médecins, ils sont nuls. Ils disent des mots nuls. Ils portent des pantalons nuls. Alors, imaginez ce qu’ils peuvent bien savoir sur les mamans.

 

Et puis, il y a aussi d’autres mots pas sympas. Comme… Kowalsky. Oh, cherchez pas, ça n’veut rien dire non plus. Kowalsky pue aussi. « Polak ! ». Et puis encore « Sale polak ! ». Sans oublier « Sale polak tête à claque ! ». Et tout ça, ça veut dire à peu près la même chose : ça veut dire « J’ai mal », « J’ai mal comme personne d’autres sur Terre, sur Mars et même sur Altaïr 4 ».

 

* * * * *

 

- Tu l’aimes ? Moi aussi j’la trouve très jolie. Donne.

- C’est un trésor ? Un vrai ?

- (Oui de la tête)

- Waouh ! En tout cas, moi j’ai jamais vu un manège aussi beau, jamais jamais. Si, peut-être sur Altaïr 4, mais pas sur Terre.

- Moi si.

- Où ? J’veux dire : c’est un vrai manège ? Il existe vraiment ?

- Oui mon ange. Là. Et là.

- Et là aussi.

- Julien, tu prends le bus ce matin, il faut que je reste avec Maman.

- Allez, allez, allez mon Juju. File.

- Maman, maman, t’as oublié ton trésor.

- Garde le. Mon seul trésor, c’est toi.

 

* * * * *

 

- Sophie ?

- Tu dois confondre : moi c’est sale polak !

Sophie non plus n’avait plus rien de précieux ce jour-là. Alors, fallait partager.

- Tu m’le prêteras de temps en temps ?

- Tu la donnes et tu la reprends. Si tu la veux vraiment, prouve le moi. Cap ou pas cap ?

C’était parti ! J’crois que c’est comme ça que ça a vraiment commencé.

- (Rires) Cap !

 

- Qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce que tu as fait ? Tu vas répondre ?

- Rien. Non, j’veux pas qu’il me tape.

- Il te tapera pas. Arrêtez, vous avez pas le droit. Arrêtez.

- Silence. Je ne t’ai pas parlé. Julien ! Tu réponds !

- Je n’veux pas qu’il me tape. Non !

- Il te tapera pas Julien. Cap ! Tapez pas, vous avez pas le droit, arrêtez !

- Tais toi !

A bien y réfléchir, je crois que Papa n’a jamais beaucoup aimé Sophie. Même au tout début.

 

* * * * *

 

Le jeu s’est mis en place tout seul. Si Sophie avait la boîte, elle pouvait me donner n’importe quel gage. J’le faisais. Et j’regagnais la boîte. Alors, c’était à mon tour de donner un autre gage. Fastoche ! Et super rigolo, non ? Un jeu crétin ? Peut-être bien ! Mais… c’était notre jeu.

 

* * * * *

 

- 8 fois 7 ! 9 fois 7 ! 3 fois 7 !

- 21.

- 4 fois 7 !

- 28.

- 5 fois 7 !

- 35.

- 6 fois 7 !

- 42.

- 7 fois 7 !

- 49.

 

* * * * *

 

- Avec la lettre A, citez moi des noms communs commençant par la lettre A… Franck ?

- Des animals !

- Des animaux ! Oui Franck : un animal, des animaux ! Qui d’autres ? Sylvie !

- Abricot.

- Très bien ! Des abricots ! ABRICOT ! A présent, B ! D’autres noms communs commençant par la lettre B ? Oui, Sophie ! B, comme… ?

- B comme bite. B comme brouter, brouter la moquette. Bordel aussi, braguette, bistouquette.

- Ca suffit, tais-toi tout de suite !

- Barre toi si tu veux. Boudin baveux. Barre toi boudin baveux.

- Mademoiselle se croit drôle ? Je te mets zéro, tu m’entends ? Z, comme zéro ! J’t’envoie chez monsieur le directeur ! On verra si ça te fait rire ! Qu’est-ce que c’est que ça Julien, je peux savoir ce que tu fais ? Allez, chez monsieur le directeur avec Sophie !

 

* * * * *

 

- Bander.

- Quoi ?

- B comme bander.

- J’sais bien peleton !

 

* * * * *

 

- La discipline. La discipline est la mère du respect. Et sans respect, c’est la fin de la civilisation. L’aquédiquescence des fondamentaux de la cité, la voyoucratie, quoi ! Et tout cela grâce à qui ? Mais à Mademoiselle Kowalsky ! Et à Monsieur Janvier ! Hein ?

- Cap !

- Qu’y a-t-il Monsieur Janvier ? Si vous avez quelque chose d’intéressant à dire, faites moi participer ! Me demande quelle idée fumeuse a pu traverser votre petit cerveau chétif pour vous permettre de m’interrompre ! Vous imaginez sûrement, Monsieur Janvier, que…

C’est un super jeu ! Le problème, c’est qu’il fait vraiment rire personne.

- Séparez les ! Séparez les Mademoiselle !

Nous séparer. Ils n'ont jamais été caps d’y arriver.

 

* * * * *

 

- Monsieur Janvier, allez donc rejoindre votre camarade Mademoiselle Kowalsky. Les grands esprits se rencontrent, n’est-ce pas ? Est-ce que vous connaissez le sens du mot châtiment ?

 

- Même si ce n’est pas pour vous, est-ce que vous avez pensé à l’avenir que vous préparez à cette petite ? Si vous ne lui induisez pas un minimum d’éducation…

- Bon, ça va ! J’suis pas sa mère !

- La vulgarité n’est pas au programme de l’éducation ! Ni de l’académie, Mademoiselle Kowalsky ! Je vais encore une fois de plus convoquer vos parents !

- Nos parents, ils parlent pas Français. Et d’ailleurs « bite », ça veut dire « marteau » en polonais. Autre chose ? Toi ! Tu perds rien pour attendre ! Tu vas être privée de dessert, privée de sorties, privée de télé !

- T’es privé de bonbons ! T’es privé de bandes dessinées ! Et t’es privé de lumière dans le couloir. Et maintenant, va chercher ton manteau ! Ca suffit maintenant !

- Cool ! Tu fais la même chose ?

 

* * * * *

 

- Tu montes tout de suite dans ta chambre ! Julien ! Tu réveilles pas Maman ! Julien !

- Maman ! Maman, maman ! On a mangé un truc super à la cantine. Quoi ? T’es restée au lit toute la journée, veinarde ! On a eu une dictée. Vlan !

- Tu sais… Mon Julien… y a un médecin qui est venu me voir ce matin.

- Eh ben, j’ai quand même fait 5 fautes et tu sais quoi ?

- Juju, sois gentil. J’voudrais…

- J’ai eu 10 en récitation ! Tu veux l’entendre ? Oui, j’ai aussi fait une grosse bêtise…

 

Les amis, c’est comme les lunettes. Ca donne l’air intelligent, mais ça se raye facilement. Et puis, ça fatigue ! Heureusement, des fois, on tombe sur des lunettes vraiment cool ! Moi, j’ai Sophie.

 

* * * * *

 

- A présent, des animaux commençant par A !

- Asticot.

- Bien !

- Autruche…

- Très bien !

- Abruti, Altaïr 4…

- Continue !

- Cap ou pas cap ?

- Cap !

- Je te mets zéro, tu m’entends ? Un zéro ! Et on va au bureau de monsieur le directeur !

- La discipline ! Toujours… la discipline ! Je vous avais prévenu pourtant ! Cette fois-ci, c’est l’avertissement. A partir de maintenant, c’est terminé l’Eden. Ca va barder ! Ah… ma petite fille, tu accoucheras dans la douleur, tu porteras des talons aiguilles, tu subiras des régimes, des pillings, des liftings, et en plus… tu feras la proprote ! Et c’est pas fini… Toi, mon petit, je t’ai réservé le pire… Les tourments et les fléaux, les dinosaures, la guerre atomique, Hitler, la guerre, le massacre des Indiens, les machines à lavée, les pétroliers qui font naufrage, la misère… mais surtout, oh oui, surtout : les jolies Mamans, malade !

 

* * * * *

 

- Et dans cette direction, habitant de Mars : « Allez y voir si vous voulez, ils sont fous tous les deux. » « Beuh, je ne veux pas aller chez les fous », protesta Alice. « Oh, vous ne pouvez pas faire autrement, dit le chat. Nous sommes tous fous ici : je suis fou, vous êtes folle. » 

- Maman, tu vas mourir ?

- Je ne vais pas bien.

- Tu vas mourir ?

- Oui. Comme tout le monde.

- C’est à cause de moi ? Parce que je fais des bêtises ? Tiens ! T’as qu’à me demander de faire quelque chose d’intelligent ! J’te jure, j’le ferai ! J’suis cap, hein !

- Tais toi.

- Pas cap.

- Bouche toi les oreilles. Bouche toi les oreilles fort fort fort, encore plus fort. Tu entends comme je t’aime, c’est le plus important. Bon, où on en était ?

- Sophie est cap d’écrire avec les dents, c’est important, non ?

- (Rires) Oh, on dirait que ni Alice, ni ta mère ne t’intéresse autant que Sophie ! Alors, avec les dents, bien sûr… et comment elle se débrouille avec les oreilles ?

- Tu sais le faire toi ? Et jeter les araignées dans la purée ? Et monter à la corde les yeux bandés, t’sais ?

- Avec un verre en équilibre sur la tête ?

- Pah, j’te crois pas !

- (Toux) Tu t’imagines que t’es le premier à jouer à cap ou pas cap ? Allez, bonne nuit ! (Toux)

- Maman ? C’est quoi ce que tu as fait de plus fou ?

- Voler.

- Voler ? Voler quoi ?

- Voler dans le ciel.

- Waouh ! Montre, allez, vas y ! Vole, vole !

- Cap… Plus tard.

- Quand ?

- Bientôt, j’te le promets. (Toux)

- Mais quelle idée d’aller lui lire une histoire ! Dans ton état… c’est toi qui devrais être au lit.

- Maman ? J’suis encore très puni ? Ou juste un peu ? J’veux dire, euh, Sophie m’a invité à… le mariage de… sa sœur…

- Nan !

 

* * * * *

 

- Moche sa robe !

- Moche son mec !

- En tout cas, si moi j’me marie un jour…

- Tu diras non au curé, cap ou pas cap ?

- Cap bien sûr !

- Qu’est-ce que tu feras quand tu seras grand ?

- Tyran !

- Ouais, tyran ?! Avec tout un peuple asservi ?

- Parfaitement. Avec un arène, des esclaves. Je les torturai chaque jeudi matin !

- Cool !

- Et toi ?

- Ben… je… Non, c’est idiot.

- Allez, dis le !

- Non, ça va pas te plaire.

- Moi j’te le dis, raconte !

- J’aimerais être un flanc. Un flanc aux abricots. Nature, tiens. Un peu tiède dans une boulangerie, en vitrine.

- Un flanc ?! Comme le gâteau ?

- Ben évidemment, qu’est-ce que tu veux que ce soit d’autre ? Y en n’a pas 46 000 des flancs !

- Flanc… Flanc… Ah mais ouais, un flanc ! Mais ouais, mais c’est super génial !

- Bon, cap ou pas cap ?

- Caaap !

- Mouais !

- Hmm, quoi « mouais » ?

- C’est juste à cause de ça que les hommes sont mieux payés que les femmes ?

- Aux bons ouvriers, les bons outils.

- A mon tour ! Montre moi ta zizette !

- C’est pas du jeu ! C’était MON gage ! T’as pas le droit de copier !

- Cap ou pas cap ?

- Cap.

- C’est tout ? Mais on voit rien du tout !

- Tu vois que les femmes sont plus malignes que les hommes ! C’est tellement plus simple d’être amis… Tire la nappe !

- Cap !

- A toi ! Plus fort !

- Cap !

 

- Julien ! J’te cherchais partout !

- Oh, oui, le prof de violon était malade, et…

- On verra ça plus tard, allez, viens.

 

* * * * *

 

- Maman !

- Mon Julien, mon grand garçon.

- Tu vas guérir, hein ? Tu vas guérir. Cap ou pas cap ?

- C’est pas toi qu’a la boîte mon coeur. C’est pas à toi de faire les gages.

- Ben j’vais la chercher !

- Laisse Julien. Embrasse ta mère.

- Tout à l’heure j’irai. Et puis après, tu me montres comment tu voles.

- (Acquiescement de la tête)

 

- Qu’est-ce que tu fais ici ?

- Julien, je…

- Laisse moi, s’il te plait, tu peux pas comprendre.

- C’est sûr. J’suis juste bonne à jouer. Ok, la prochaine à cloche pied, cap ou pas cap ?

- Je saute deux et Maman guéri. Je saute trois et elle revient à la maison, pour mon anniversaire. Ouais ! Quatre d’un coup, elle revient ce soir, toute guérie ! Maman ? Maman ? Maman ! Maman ! Maman ! Maman ! Maman… Maman !

 

* * * * *

 

- Lalalalala (La vie en rose)

 

* * * * *

 

- Bonjour, je suis le Papa de Julien. Vous êtes la Maman de Sophie ? Sa sœur ? J’ai besoin de… Est-ce que Sophie pourrait venir à la maison… ce soir ?

 

- Tu dors ?

- Officiellement, oui.

- Les rumeurs disent que tu fais semblant.

- Oui, j’ai lu ça dans Paris Match, juste des ragots. J’vais dormir un peu.

- Dis, demain, j’pourrais venir dormir chez toi, hein ? J’pourrais ?

- Nan ! Jamais, tu viendras jamais chez moi, promets le !

- Pourquoi, ce serait vachement…

- Promets le !

- Bon, d’accord.

- Bonne nuit.

C’est comme ça qu’on prend de mauvaise habitude. Je parle pas de casser des tasses. Ca, c’est plutôt sympa. Mais de dormir. Sophie et moi, on a bien dormi 10 ans cette nuit là. Et au matin, les choses sérieuses ont commencé.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Inside-the-clouds Webmaster - dans Jeux d'enfants - le film - Love me if you dare
commenter cet article

commentaires

said 02/07/2015 18:23

Merci beaucoup !
Moi aussi je cherchais ça pour mon travail en classe !
Vou n’auriez pas aussi le script du film « le sauvage » de Jean-Paul Rappeneau "1975"?

claudia 20/03/2011 21:15



Merci beaucoup pour votre travail, il a été très util pour moi.


Merci depuis l'Argentine.


Claudia



Inside-the-clouds 25/04/2011 16:07



Au plaisir ;-)



théana 16/02/2011 19:50



Bravo! Cest super: mais on peut pas copier coller???



Rechercher

Archives